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Lapasset souhaite réorganiser le rugby international

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Avant les demi-finales de la Coupe d’Europe, le président de l’IRB détaille les grandes lignes des chantiers qu’il compte mener à bien avant la fin de son mandat.

Trois clubs français sont engagés en demi-finale de Coupe d’Europe cette semaine. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
On parle toujours de nos difficultés. Le rugby français a mis du temps à devenir professionnel. Mais il fallait prendre ce temps. A l’arrivée, on est peut-être un peu plus solides que d’autres nations. Notamment au niveau financier. La situation est par exemple plus grave en Angleterre qu’en France. Cette année, on a deux équipes françaises en demi-finales de la H-Cup. J’espère qu’on aura la chance de les retrouver en finale au Stade de France (le 22 mai). On a besoin d’une affiche qui montre que la France a participé très largement au succès de la Coupe d’Europe.

Un succès qui ne se dément pas…
Au départ, les Anglais ne voulaient pas de cette compétition. La première année, leurs clubs ont refusé d’y participer. Malgré tout, on a tenu bon. On s’est battu pour que cette Coupe d’Europe existe. Et on voit l’enthousiaste qui l’accompagne aujourd’hui. Les spectateurs viennent de plus en plus nombreux. C’est devenu une compétition incontournable dans le calendrier international.

Avec Toulouse-Leinster, Biarritz-Munster (en H-Cup) et Toulon-Connacht (en Challenge Européen), voilà trois affiches franco-irlandaises…
Ça s’écrit dans l’histoire de ce qu’on a construit entre l’Irlande et la France. Pendant des années, le rugby irlandais a reçu le soutien sportif, financier et politique de la France. On a beaucoup investi, parfois contre nos amis anglais. Mais cet investissement a toujours fait partie de notre façon d’aborder l’avenir du rugby européen. A travers le maintien des équipes celtes. Aujourd’hui, on assiste au résultat de la stratégie montée par la France. On a la chance d’avoir un rugby irlandais fort. Ils ont fait le Grand Chelem l’an passé. Cette saison, ils ont trois équipes en demi-finales. Tant mieux. L’Irlande n’a que 45 000 licenciés. Donc avoir de tels résultats sportifs, c’est tout à leur honneur. C’est un exemple à confirmer dans les années qui viennent.

« Les institutions ont besoin d’évoluer »

Vous militez pour que le développement du rugby se fasse via une mise aux normes de certaines institutions, comme l’ERC ou le comité des six nations. Où en êtes-vous ?
C’est un vrai sujet, qui est maintenant sur la table. Ça a été très long à se décider parce qu’on ne change pas comme ça des institutions qui font partie de l’histoire de ce sport. On connaît le poids des traditions. Mais aujourd’hui, on a besoin d’évoluer. On doit trouver des modes de gestion qui s’incluent davantage dans un monde professionnel. J’ai donc souhaité rouvrir le débat de l’organisation du rugby au niveau international.

Quelles sont les pistes que vous suivez ?
L’IRB doit devenir une véritable fédération internationale. Et pour ça il faut trouver un certain nombre de solutions innovantes qui vont changer la gestion du rugby international. J’en dirai plus le 5 mai. Il faut laisser chacun réfléchir à la question. C’est la priorité que je me suis fixée pour ma fin de mandat (en décembre 2011 après la Coupe du monde ndlr).