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Laporte : « Du 50-50 contre Clermont »

Bernard Laporte

Bernard Laporte - -

Toulon a rejoint Clermont pour une finale de Coupe d’Europe 100% française, le 18 mai à Dublin. Bernard Laporte, le manager du RCT et membre de la Dream Team RMC Sport, estime que la supériorité de la Yellow Army peut être contestée le temps d’un match.

Bernard, vous attendiez-vous à mater cette équipe des Saracens de la sorte, dimanche, lors de la demi-finale à Twickenham (24-12) ?

Non, je ne m’y attendais pas, tout comme je ne m’attendais pas à ce que Rossouw se fasse expulser (carton jaune, ndlr). On savait qu’il fallait les empêcher de jouer. Ils ont une 3e ligne merveilleuse. Il fallait les mettre sous l’éteignoir.

La mêlée de Toulon a véritablement concassé son adversaire…

On avait souffert contre Leicester en mêlée (en quart de finale, ndlr). On avait travaillé la touche, tellement qu’on avait oublié la mêlée. On était déçu. Ça a été mieux contre Clermont à Marseille (en Top 14), et je ne reviens pas sur le match à Grenoble, ce n’était pas notre première ligne. Oui, on fait partie des équipes à grosse mêlée.

Quel est le principal danger face à Clermont ?

Clermont, c’est Vern Cotter depuis 2006, il a mis de l’ordre. Au bout de 7 ans, ils ont plus d’expérience et de qualité. Il y a 2 ans, on finissait 9e du championnat. Sur certains postes, ils ont plus de solutions de rechange. Mais sur un match, ça peut être 50-50. L’an prochain, on aura quatre grands joueurs, dont Habana et Mitchell, mais pour grandir, il faut gagner. Boudjellal a fait Toulon. Il a créé une économie, c’est tout à son honneur. On n’est pas au bout de l’ambition, mais ce qu’il a fait, c’est sa réussite.

Sur les 30 clermontois et toulonnais titulaires lors des demi-finales, 11 étaient Français. Est-ce un problème pour l’équipe de France ?

Je disais la même chose quand j’entraînais l’équipe de France. Ça n’a pas empêché la France de faire des Grands Chelems, d’être finaliste de Coupe du monde. Au poste de pilier droit, à l’ouverture, oui, il n’y a que des étrangers. La Ligue a la volonté de changer les choses. La saison prochaine, on ne peut pas avoir plus de 16 étrangers, au nom du JIF (joueurs formés en France). Il faudra 33 joueurs pour être compétitif en championnat et en Coupe d’Europe. C’est un équilibre entre l’équipe de France et la notoriété de notre championnat.

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