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Lombard : « Il faut conserver la Coupe d’Europe ! »

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S’il reconnaît que des choses sont à changer dans son système de gouvernance, Thomas Lombard ne veut pas voir disparaître la Coupe d’Europe suite aux menaces de boycott des Ligues françaises et anglaises.

La H Cup peut-elle disparaître ? Au centre des débats ces derniers jours, la Coupe d’Europe voit les Ligues anglaise et française menacer de la boycotter, voire de créer une compétition parallèle, si aucun changement n’a lieu sur les plans du système de gouvernance de l’ERC (l’instance européenne), de la répartition des bénéfices, du système de qualification pour les équipes celtes et du nombre d’équipes. Et selon Thomas Lombard, trouver un accord paraît compliqué.

« Il peut toujours y avoir un arrangement. Mais les discussions sont bien mal engagées, pour ne pas dire au point mort, analyse le membre de la Dream Team RMC Sport. Le problème, c’est que les Celtes sont décidés à ne pas lâcher. C’est capital pour eux financièrement et sportivement. Mais j’ai l’impression qu’on a atteint le point de non-retour. Les Français et les Anglais veulent plus d’argent. Ils veulent une qualification pour la Coupe d’Europe beaucoup plus basée sur le mérite, sur un classement établi, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui côté celte. Donc je ne vois franchement pas comment on peut sortir de l’ornière. Côté financier, il y a deux nations, la France et l’Angleterre, qui génèrent environ 80% des recettes par l’intérêt sportif qu’ils amènent dans cette Coupe d’Europe. Mais ils font une répartition financière des bénéfices à 50-50 avec les Celtes. C’est même seulement 48% pour les Anglais et les Français. C’est inacceptable ! »

« Sportivement, la Coupe d'Europe a un sens »

Derrière les menaces, c’est une véritable lutte de pouvoir et d’influence qui a lieu. « Au départ, ce que veulent les Anglais, c’est contrôler, reprendre la main et ne plus la laisser aux Celtes, précise Thomas Lombard. C’est un peu un coup d’Etat. Ils imposeront leurs règles avec leur répartition financière qui sera à leur avantage. En termes de business et d’exploitation d’un bien, les Anglais savent plutôt bien s’y prendre. Mais les Anglais n’ont pas gagné cette Coupe d’Europe depuis 2007 et sont souvent absents des demi-finales ces dernières années. Sportivement, ils sont à la traîne. C’est le paradoxe de leur démarche : ils se battent pour une compétition dans laquelle ils ne figurent plus dans les meilleures places depuis un certain temps. »

Une certitude : notre consultant voit beaucoup d’avantages à conserver la H Cup. « Il y a des arguments économiques et historiques. Mais il ne faut pas oublier les arguments sportifs. L’intensité et la qualité des matches. N’importe quel joueur te dira que c’est un cran au-dessus. En termes de qualité de jeu, qui est beaucoup plus propre, ça se rapproche des standards du rugby international. L’arrêt de la Coupe d’Europe aurait un effet négatif car cela préparerait moins les joueurs aux matches internationaux. Une Coupe d’Europe idéale, c’est une Coupe d’Europe qui a lieu. (Sourire.) Il faudrait un nombre restreint de clubs. Seize équipes (24 aujourd’hui, ndlr) avec quatre poule de quatre me semblerait pas mal avec un système de qualification en fonction des résultats. Cela pourrait poser problème car tu pourrais ne pas avoir de Gallois ou d’Ecossais. Mais on peut aussi envisager un tour préliminaire. L’idée, surtout, c’est de conserver cette Coupe d’Europe. Sportivement, elle a un sens. On a envie de la regarder. »

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Thomas Lombard