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Lombard : « Un drame pour les joueurs »

Thomas Lombard

Thomas Lombard - -

Consultant pour RMC Sport, Thomas Lombard déplore la probable future disparition de la H Cup, programmée pour la saison prochaine. Surtout pour les joueurs et l’équipe nationale, qui bénéficient des bienfaits de la compétition.

Faute d’accord entre les clubs français et anglais et l’ERC, la H Cup, telle qu’on la connait, pourrait ne pas survivre à l’issue de la saison 2013-14. D’autant plus après l’annonce, le 22 septembre dernier, de la création d’une nouvelle Coupe d’Europe, la Rugby Champions Cup, nouveau rendez-vous continental fondé par les clubs français et… anglais, même si cette dernière n’a pas eu le feu vert – pour être définitivement entériné – par l’IRB. La H Cup, quasiment condamnée pour la saison à venir, pourrait-elle perdre son pouvoir d’attraction ? « Non, rétorque Thomas Lombard, consultant rugby pour RMC Sport. Pourquoi il y aurait un doute là-dessus ? Les équipes vont se livrer de la même manière. Il n’est pas d’ailleurs exclu, en cas de nouveau format de Coupe d’Europe, qu’on soit obligé de prendre en compte le classement de cette dernière compétition pour constituer les futurs chapeaux. Quant au prestige, il reste intact. Les joueurs auront envie de s’étalonner, de se montrer. Cette compétition arrive à des moments charnières de la saison, qui préparent les équipes nationales aux tests d’automne notamment. La compétition de cette saison ne sera pas dévaluée. »

« De bon ton que l'on entende les joueurs »

La H Cup peut-elle vraiment disparaître ? Thomas Lombard craint que oui. « Est-ce que c’est du bluff ? Toujours est-il que j’ai lu que le président des Saracens, Nigel Wray, affirmait que les Anglais étaient prêts à aller jusqu’au pénal pour pouvoir sortir du contrôle de la Fédération anglaise et de l’IRB. On est assez mal engagé pour une poursuite de la compétition sur ce format et sous la tutelle de l’ERC, comme c’est le cas actuellement. »

Pour l’ancien joueur du Stade Français, la mort de la H Cup pourrait avoir des conséquences néfastes sur les équipes nationales… et leurs internationaux. « Ce serait sportivement quelque chose de très pénalisant. Pour les joueurs, car les standards des matches européens sont un ton au-dessus de ceux du Top 14. Ce serait aussi un drame pour les équipes nationales parce qu’elles préparent les échéances importantes, comme les matches de l’automne et le Tournoi des VI Nations. Et puis quand on est joueur, ces matches ont un goût international. Débuter un match au Leinster, à Leicester, aux Saracens, c’est un peu, surtout pour les joueurs non internationaux, disputer son France-Irlande, son France-Angleterre. C’est aussi une compétition qu’il faut défendre pour les joueurs. Sur ce débat, on entend beaucoup les dirigeants mais il serait de bon ton que l’on entende les joueurs. Que l’on sache ce qu’ils pensent eux. »

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La rédaction