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Novès : « La jouer pour la gagner »

Le technicien toulousain admire mais ne craint pas le Munster

Le technicien toulousain admire mais ne craint pas le Munster - -

L’entraîneur de Toulouse, Guy Novès, ne cache pas son enthousiasme à quelques heures de défier le Munster en finale de la H Cup. Le technicien rouge et noir confie également son admiration pour son adversaire et son indéfectible public.

Guy Novès, samedi, l’ambiance sera à la fête, n’est-ce pas ?
C’est exceptionnel. Les joueurs, tous ceux qui participent à cette finale, l’encadrement, les supporters n’ont qu’une envie, la vivre et la vivre pleinement. Ne pas y participer mais la jouer, la jouer pour la gagner évidemment. Comment éviter la routine ? En restant fidèle à ce qu’on est, c’est-à-dire des compétiteurs et des sportifs de haut niveau fiers de leur maillot et respectueux de ce qu’ils font.

Le Munster vous impressionne-t-il ?
C’est une grande équipe. En quart de finale, elle domine Glouster à Glouster. En demi-finale, idem face au Saracens. Les joueurs de cette équipe sont virulents dans les rucks, toujours à la limite de la pénalité. Ils bloquent les ballons au sol pour empêcher l’adversaire de jouer. Ils savent très bien le faire sans se faire pénaliser ou alors très peu. Il faudra gagner ce défi du combat dans la conquête ou la reconquête du ballon.

Selon vous, cette équipe est-elle la meilleure d'Europe ?
C’est une équipe qui est capable, contrairement à il y a quelques années, de jouer des coups dans les zones de récupération. Elle n’a plus rien à voir avec la formation avant où il n’y avait qu’un pack d’avants et des joueurs seulement capables d’organiser le jeu au pied derrière comme Stringer ou O’Gara. Aujourd’hui, ils ont des joueurs d’instinct avec les Néo-Zélandais qui sont arrivés. A ce titre, oui, tous ces éléments-là en font peut-être la meilleure équipe d’Europe cette année.

Dans quel état d’esprit se situe le Stade Toulousain ?
Le groupe, je le sens concerné, très concentré, serein mais pas trop, conscient de l’énorme tâche qui l’attend. Je pense qu’on est dans une configuration typique de phase finale avec un peu d’anxiété évidemment mais beaucoup d’impatience de se retrouver sur le terrain.

Vous n’avez pas peur de jouer ce match avec un effectif un peu usé ?
On est quand même heureux de retrouver une équipe britannique. On ne peut pas s’empêcher non plus de dire que ces formations-là bénéficient d’un rugby un peu plus souple. Le groupe du Munster n’est pas par exemple le même en Celtic League qu’en H Cup. Nous, le nôtre a été le même pendant la Coupe du Monde, le Tournoi des VI Nations, et il faudra que dans quelques semaines, il joue la fin du championnat. C’est un parcours du combattant très très dur.

Ne craignez-vous pas l’ambiance terrible du Millenium et tous ces supporters ligués contre vous ?
Sur le terrain il n’y aura que quinze joueurs du Munster contre les nôtres. Mais je pense que c’est un public formidable. Je me souviens de la finale contre les Wasps à Twickenham où ces mêmes supporters irlandais nous avaient soutenus tout le match, vu que leur équipe était éliminée. J’ai beaucoup d’admiration et cela me fait frissonner de penser à ces gens qui soutiennent de cette manière leur équipe. Vous savez à Toulouse, on a peut-être un contingent inférieur mais on a des spécialistes. C’est un véritable commando qui viendra nous soutenir et qui sera au point pour relever aussi ce défi.

La rédaction - Alix Dulac et Laurent Depret