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Toulon chavire de bonheur

Les joueurs de Toulon fêtent le titre de champion d'Europe

Les joueurs de Toulon fêtent le titre de champion d'Europe - -

En remportant la première H Cup de son histoire face à Clermont (16-15), le RCT a plongé la Rade dans l’extase. Sept ans après son arrivée à la tête du club, Mourad Boudjellal a relevé son pari : donner un titre à des supporters qui patientaient depuis 1992.

Comme un symbole, la pluie a cessé de s’abattre sur Mayol au coup de sifflet final, pour saluer dans un élan de douceur inattendue le triomphe du RCT. En même temps que se levaient les bras de « Wilko » et sa bande à 1 500 kilomètres de là, les 8 000 spectateurs venus assister au match dans le stade, d’abord hébétés par un scenario étouffant, ont subitement basculé dans la folie, se jetant sans vergogne sur une pelouse pourtant gorgée d’eau. Et quelques minutes plus tard, c’est un véritable déluge qui a accompagné d’innombrables scènes de joies dans toute la ville.

Dans le stade, sur le port, place Besagne (coupée à la circulation par les autorités) ou dans les ruelles bondées du vieux Toulon, partout les mêmes scènes. Des supporters, torse nu, malgré la pluie et le froid, parfois même en caleçon, hurlant leur bonheur, le visage perlé de gouttes et de larmes. Au local du club de supporters des Fadas, Matthias ne sait déjà plus où il habite : « C’est de la folie. On est au mois de décembre, il gèle, il gèle, il neige, et on est tous à poil. Je vais partir en patin à glace sur le port, ça va être de la folie ! »

La fête avec les joueurs attendra

Vingt-et-un ans et un dernier Brennus conquis en 1992 qu’ils attendaient ça. Une délivrance pour les plus jeunes et la douce ivresse de la victoire que les anciens croyaient oubliée. L’émotion a saisi la ville, raide dingue de son RCT. Ici plus qu’ailleurs, le rugby s’accompagne d’une ferveur quasi-mystique. Une folie décuplée par le scenario irrespirable du match. « C’est incroyable, je n’y croyais pas. En première période, on n’y était pas. Et on a fait une apothéose à un quart d’heure de la fin ! C’est incroyable, s’enflammait Marc, supporter quasi-extatique. On va faire la fête tout le mois de mai ! On est champions d’Europe ! On va faire la fête toute la nuit. Parce que Toulon ! »

Pour communier avec leurs joueurs, les supporters devront cependant patienter. Les Toulonnais resteront à Dublin jusqu’à mercredi afin d’optimiser le temps qu’il leur reste pour affronter Toulouse vendredi à Nantes en demi-finales du TOP 14. En cas de victoire, l’attente s’étirera jusqu’à la finale prévue le 1er juin au Stade de France. Un bonheur qui pourrait être alors doublement plus intense.

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