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Une H Cup sur fond de mort lente

H Cup présentation

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Alors que sa fin, dans le format qu’on lui connaît, est programmée, sauf retournement de situation, à l’issue de cette saison, la H Cup reprend ses droits ce vendredi. Entre excitation, enthousiasme et nostalgie. Déjà.

« Ce sera la dernière Coupe d’Europe… La Coupe d’Europe est morte. » Vive la Coupe d’Europe, alors ? « Ça me fait un peu de peine pour des gens que l’on a rencontrés à l’ERC, qui ont travaillé pendant des années et qui étaient de super personnes. Ça me fait moins de peine pour le président de la commission de discipline, celle qui avait l’habitude de donner trois ans de suspension, s’amuse Mourad Boudjellal. Il y a des gens qui ont mis il y a quelques années une suspension inconsidérée à Carl Heyman. Nous, on vient leur mettre une autre suspension. Et c’est ‘‘au revoir, au revoir !’’ » Le président de Toulon ne semble pas vraiment affecté par la future disparition de la H Cup, programmée à l’issue de la saison et désormais inéluctable après la rupture des négociations entre les clubs anglais et français, qui souhaitaient réformer la compétition, et l’ERC, le grand organe du rugby européen.

Normal. Car Boudjellal est l’un des partisans de la nouvelle Coupe d’Europe créée et fondée le 22 septembre dernier par les clubs français et anglais, la Rugby Champions Cup, sans, toutefois, l’aval de l’IRB, la structure suprême de l’ovalie internationale. « On a décidé du nouveau format de la compétition, poursuit le dirigeant du RCT. Elle a beaucoup de gueule. A moins que le président de l’IRB soit Tony Soprano, je ne vois pas comment on peut nous empêcher de jouer. S’il le faut, on ne jouera pas et on l’a provisionné dans nos comptes. »

Quid de cette saison alors ? La première journée affiche déjà quelques plats bien copieux : Toulon-Glasgow… ou encore Racing-Métro-Clermont. Mais en sachant sa fin si proche, la H Cup revêt-elle encore un quelconque intérêt pour les joueurs ? « Bien évidemment, lâche l’arrière-centre du Stade Toulousain Clément Poitrenaud, bien décidé, après l’élimination en poule des siens l’an dernier, à rallier les quarts de finale cette saison. Ça a toujours une saveur particulière. Ça nous sort de notre routine du Top14 et des équipes que l’on rencontre très régulièrement depuis longtemps. »

Clerc : « Handicapant de perdre une telle compétition »

Cela permet aussi aux joueurs concernés d’avoir une vitrine sur la scène internationale. Thomas Lombard parle ainsi de « drame ». « Ce serait sportivement quelque chose de très pénalisant, martèle le consultant rugby de RMC Sport. Pour les joueurs, car les standards des matches européens sont un ton au-dessus de ceux du Top 14. Mais aussi pour les équipes nationales parce qu’elles préparent les échéances importantes, comme le Tournoi des VI Nations. » Le XV de France en serait pénalisé… ou non d’ailleurs, à en croire l’ailier international Vincent Clerc : « Si c’est mis à profit de l’équipe de France, pour lui permettre de se rassembler, de travailler, ça peut être bénéfique ».

Mais l’inverse peut s’entendre aussi. « La Coupe d’Europe est un tremplin pour franchir des caps importants pendant la saison, rappelle Clerc. C’est aussi bénéfique pour les clubs et pour l’équipe de France. Ce serait handicapant de perdre une compétition qui tient à cœur aux joueurs. » Des simili de « France-Irlande » ou « France-Angleterre » (Lombard) pour les non-internationaux, la possibilité pour le Top 14 de s’internationaliser grâce à une compétition « stabilisée depuis plusieurs années et qui a acquis un public important, satisfaisant en termes d’audience », dixit le directeur des sports de France Télévisions, Daniel Bilalian, conscient de la perte que son groupe connaitra dans un an. La Coupe d’Europe est morte, vive la Coupe d’Europe ? Le débat reste ouvert…

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A.D avec W.T