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De Villiers : « La France a la meilleure mêlée au monde »

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Ancien international français, Pieter de Villiers est aujourd’hui en charge de la mêlée de la sélection sud-africaine. C’est donc en parfaite connaissance de cause qu’il évoque le test entre les Bleus et les Boks, samedi, au Stade de France (21h).

Pieter de Villiers, comment vous êtes-vous retrouvé à entraîner les Springboks ?

A la base, je ne devais pas être entraîneur là-bas, je suis parti pour un projet professionnel avec mon frère qui n’a rien à voir avec le rugby. Puis j’ai commencé à entraîner un club au Cap, et ça m’a plu. Je me suis ensuite spécialisé dans la mêlée et dans les piliers, et un jour, alors que je ne m’y attendais pas du tout, Heyneke Meyer (le sélectionneur des Springboks, ndlr) m’a appelé en me disant qu’il souhaitait m’avoir à ses côtés. Les choses ont assez vite évolué, c’était la surprise, et depuis deux ans je suis avec eux. 

Vous comptez 69 sélections avec le XV de France. Pensez-vous que c'est votre savoir-faire « français » au niveau de la mêlée qui l'a poussé à faire appel à vous ?

Certainement. La France a été une superbe école de la mêlée pour moi. Je pense que dans le rugby international, il est intéressant d’avoir des coaches qui ont voyagé un peu. D’ailleurs, j’ai regardé les statistiques 2012 et la France a été l’équipe la moins pénalisée et l’équipe qui a gagné le plus de pénalités en mêlée. C’est la mêlée la plus efficace. Pour nous, ce sera l’un des tests les plus durs qui puisse exister à ce niveau-là.

La France a pourtant des résultats très décevants en 2013...

On sait bien que la France est capable de tout gagner et d’avoir des passages à vide. Je l’ai vécu personnellement. Si on regarde la dernière Coupe du monde, la France arrive en finale avec beaucoup de mal et puis une fois en finale, elle méritait de gagner. Ça a toujours été le challenge de cette équipe, d’être constante dans ses résultats et dans l’effort. Mais une chose est sûre : l’équipe de France est peut-être une des seules au monde qui puisse battre régulièrement les All Blacks et les Springboks. C’est l’une des équipes qui arrivent le mieux à s’adapter à ces équipes-là. Même si ses résultats sont parfois en dents de scie, on sait à quoi s’attendre.

Que pouvez-vous nous dire de cette équipe des Springboks ?

C’est une équipe qui grandit. Elle était assez jeune, mais on a des cadres qui sont revenus, ça amène un peu d’expérience et puis les jeunes arrivent à maturité. On commence à avoir un jeu beaucoup plus équilibré, à être constants dans la balance entre l’attaque et la défense. Ce n’est pas parfait, mais l’équipe est en belle progression. Il y a un très bon esprit, et même si on a beaucoup à apprendre, l’équipe est sur la bonne voie.

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Propos recueillis par Laurent Depret