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Dusautoir : « Je suis plus connu en Nouvelle-Zélande qu’en France… »

Thierry Dusautoir

Thierry Dusautoir - -

A trois jours du dernier match du XV de France face aux All Blacks (9h35, samedi à New Plymouth), le capitaine des Bleus, Thierry Dusautoir, est revenu sur la tournée, sa place au sein des Bleus et sa relation avec la Nouvelle-Zélande. Récit.

Thierry, vous avez annoncé que c’était votre dernière tournée en Nouvelle-Zélande. Est-ce vrai ?

Oui, c’est vrai. Les années passent et c’est ma dernière fois ici. J’espère que ce ne sera pas la dernière fois contre les Blacks mais j’ai conscience que si je reviens ici, ce sera en tant qu’ancien joueur ou en tant que touriste. Donc je veux profiter particulièrement de cette tournée. En plus, il y a pas mal de jeunes joueurs, il fallait les accompagner et les guider dans cet apprentissage qu’est le match face à la Nouvelle-Zélande et qui est complètement différent d’un match international en général.

Un rite initiatique, en quelque sorte ?

Oui, je pense que c’est un rite parce qu’on a une telle admiration pour les Néo-Zélandais qui n’est pas la même que pour les autres, il faut être honnête. C’est parce qu’ils pratiquent un rugby exceptionnel, parce que c’est au bout du monde. Il y a aussi le haka et tout ce folklore qui fait qu’ils sont une exception dans le rugby mondial. Pour nous, ce n’est pas si simple de passer au-delà de cette admiration et de jouer contre eux sans complexe. Quand de jeunes joueurs jouent pour la première fois, il faut les driver parce que, par exemple, lors du haka, c’est très impressionnant donc il faut respirer un bon coup. Ils ne doivent pas laisser tous leurs moyens là-dedans. Ce sont des matches qui se préparent différemment.

Vous avez toujours eu un rapport particulier avec la Nouvelle-Zélande …

Oui, c’est clair. Je le répète assez souvent à chaque fois qu’on joue contre eux. N’importe quel français amateur de rugby a un rapport particulier avec les Blacks. Mon histoire avec l’équipe de France est vraiment marquée par les All Blacks. J’ai joué contre eux en 2006 à Lyon et on a pris je ne sais plus combien de points (défaite 3 à 47, ndlr). J’avais été écarté de l’équipe de France, je suis revenu et je me suis fait un petit peu connaître au niveau international grâce au quart de finale de la Coupe du Monde 2007 avec mes 38 plaquages. Il y a eu beaucoup de choses autour de cette journée pour moi. Après, cela a continué puisqu’on est venu les battre ici il y a 4 ans et on a fait une belle finale de Coupe du monde contre eux. Entre ces belles performances, il y a eu des échecs et des raclées parfois, donc c’est un rapport assez contrasté.

Avez-vous conscience que vous avez une part importante dans le paysage du rugby français aux yeux des Néo-Zélandais ?

Je me suis rendu compte que je suis plus connu ici, qu’en France. Je me fais chambrer parce que je suis assez souvent arrêté dans la rue pour prendre des photos et signer des autographes. Je suis très demandé par les gens mais après, le rugby est le sport numéro 1. Ici, on a joué la Coupe du monde, il y a deux ans. On a fait une finale donc il y a évidemment des images et des personnes qui sont restées. J’en fais certainement partie mais oui, c’est sûr, je pense être plus populaire ici qu’en France. C’est marrant.

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