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Dusautoir : « Si des choses ne me conviennent pas… »

Thierry Dusautoir

Thierry Dusautoir - -

Reconduit comme capitaine de l'équipe de France par Philippe Saint-André, le nouveau sélectionneur, qui annoncera son premier groupe ce jeudi midi, Thierry Dusautoir jouera encore son rôle avec ambition pendant le Tournoi des VI Nations.

Thierry, pensez-vous revivre un jour des émotions aussi intenses que celles que vous avez éprouvées en finale de la Coupe du monde ?

Je l’espère. On m’avait posé la même question après notre quart de finale de Coupe du monde face à la Nouvelle-Zélande à Cardiff en 2007, j’avais répondu oui. On espère toujours vivre des choses plus intenses. En équipe nationale, la chose la plus intense ne peut être qu’un titre de champion du monde. On a échoué à deux points, on ne peut pas échouer plus près. Aujourd’hui, j’ai 30 ans, il me reste encore une opportunité en 2015. C’est dans trois ans et demi. C’est encore long.

Comment apprenez-vous à connaitre Philippe Saint-André, votre nouveau sélectionneur ?

On a discuté deux ou trois fois. Ça se fera avec le temps, avec les campagnes que l’on fera ensemble. D’après nos conversations, il a une idée assez claire de l’organisation qu’il veut en équipe de France. Il faut laisser le temps au staff de travailler et de construire cette équipe-là.

Lorsque vous vous êtes rencontrés, aviez-vous des choses à lui dire ?

Aujourd’hui, je n’ai pas de revendications claires à faire valoir. Je vais attendre de voir comme se passeront les premières semaines. Si des choses ne me conviennent pas, je lui en ferai part. Je connais peu Philippe mais je connais bien Patrice (Lagisquet, entraîneur des arrières) et Yannick (Bru, entraîneur des avants). A eux deux, ils m’ont entraîné pendant sept ans (Lagisquet à Biarritz de 2004 à 2006, Bru à Toulouse de 2007 à aujourd’hui) et j’ai gagné l’ensemble de mes titres avec eux. Je sais comment ils travaillent et ça conforte mes rapports avec le staff. Philippe a aussi vécu l’expérience de capitaine et connait les difficultés par lesquelles un capitaine peut passer. Il m’aidera à progresser.

« On va jouer pour gagner le Tournoi »

Avec son statut de vice-championne du monde, la France est-elle favorite pour le prochain Tournoi des VI Nations ?

On est un prétendant important parce qu’on est l’équipe de France. Un groupe va se former, on ne peut pas exiger d’une nouvelle équipe d’être à 100% ni qu’elle fasse des matches parfaits à chaque fois. Je suis persuadé que l’équipe qui va débuter le tournoi va le jouer pour le gagner d’autant plus qu’on recevra trois fois. Pendant la Coupe du monde, on a pu se rendre compte que les équipes européennes sont des équipes de haut-niveau. Contrairement à ce qu’on a pu entendre, à préparation physique égale, il n’y a pas une division d’écart avec les nations du Sud.

Si vous étiez à la place de Sam Warburton, capitaine du pays de Galles, que diriez-vous à vos joueurs avant la rencontre qui vous opposera le 17 mars prochain lors de la dernière journée du Tournoi ?

Déjà, je suis bien dans la peau de Thierry Dusautoir ! J’aurais pas mal de choses à dire par rapport à ce dernier match face au pays de Galles (demi-finale de Coupe du monde, remportée 9-8). J’espère qu’on aura quelque chose de beau à jouer.

Entre le sentiment de revanche et la possibilité pour la France de signer un Grand Chelem, cette dernière rencontre risque d’être tendue, non ?

Oui mais ça le sera aussi contre les Anglais et les Irlandais. Les Anglais auront un sentiment de revanche quand ils viendront à Paris. Face aux Gallois, il y aura une volonté extérieure de faire monter la sauce. Mais ce match sera aussi difficile que face à l’Irlande ou l’Angleterre. On verra dans quelle disposition on sera avant ce match.

L’année dernière, vous vous étiez inclinés face à l’Italie (22-21). Est-ce une bonne chose d’affronter les Italiens dès la première journée du Tournoi, le 4 février prochain ?

Une des leçons à tirer de l’année dernière, c’est que les Italiens progressent. On n’a pas le droit de prendre les matches par-dessus la jambe. Ce sera un test, comme les quatre autres rencontres. Ce sera notre premier match dans le Tournoi. On ne peut pas se permettre de perdre à la maison ni de perdre une deuxième fois consécutive face à l’Italie. Il y aura de l’orgueil dans l’équipe d’autant qu’il y aura sans doute des joueurs qui ont perdu contre les Italiens à Rome…