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Rugby: après leur grève, les joueuses de Bayonne sanctionnées pour la saison... avec un forfait

Le conseil d’administration de l’AS Bayonne a décidé de déclarer forfait son équipe féminine pour le reste de la saison d’Élite 1. Les dirigeants du club n’ont pas apprécié la récente grève des joueuses, qui réclamaient plus de moyens.

Une réaction radicale et expéditive. Le conseil d’administration de l’Association sportive de Bayonne ne s’est pas embarrassé avec les sentiments. Réunis lundi, les dirigeants du club ont tout simplement décidé de déclarer forfait leur équipe féminine pour leur reste du championnat d’Élite 1. Ni plus, ni moins. Lorsqu’elle sera officialisée, cette décision mettra un terme immédiat à la saison de l’équipe et l’obligera à redémarrer en Fédérale 2 (la plus basse division) lors du prochain exercice.

En cause? La récente fronde des joueuses du club du Pays Basque. Ces dernières ont fait grève lors de leur match de Coupe de France face au Stade Toulousain, il y a dix jours, afin de protester contre leurs conditions d’entraînement, leur effectif restreint et le manque d’investissement de leur club. Les Neskak ont refusé d’entrer sur le terrain afin d’alerter leur direction sur cette situation intenable pour exister dans l’élite.

Les joueuses et le staff sous le choc

Mais plutôt que d’ouvrir un dialogue, les dirigeants de l’ASB ont préféré tout arrêter. Selon France Bleu, les joueuses et le staff en ont été informés lors d’une réunion qui s’est tenue mardi soir au stade Pierre Cacareigt. Tout le monde est sous le choc, forcément. Les discussions auraient duré plus d’une heure et demi. Gilles Peynoche, le président du club, aurait reconnu que l’AS Bayonne n’avait pas les capacités d’assumer une équipe de rugby féminine de haut niveau, alors que sa section masculine évolue en Fédérale 3.

Interrogé le 9 novembre, après la grève des joueuses, Peynoche avait déjà laissé poindre son agacement en répondant aux questions de France Bleu. "Quand on a des filles depuis 30 ans et qu'on a toujours favorisé l'accès des femmes au sport et le rugby féminin, on ne peut pas comprendre la violence de ce mouvement, avait-il déclaré. Et puis, on est une association, on n'est pas une entreprise. Donc faire une grève, je ne vois pas ce que ça apporte". Depuis lundi, c’est nettement plus clair.

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport