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France-All Blacks : encore un peu trop tendres, ces Bleus

Maxime Médard

Maxime Médard - -

Vaillants et combatifs, les Bleus, auteurs d’une fin de match tonitruante, s’inclinent d’une courte tête face aux All Blacks (19-26). Une défaite honorable, certes, mais qui rime surtout avec un 8e revers consécutif face aux Néo-Zélandais.

47e minute de jeu entre la France et la Nouvelle-Zélande au Stade de France. Thierry Dusautoir a le regard un peu perdu dans le vide et les mains sur les hanches. Le capitaine tricolore tente de masquer une grimace. Devant lui, Piutau célèbre encore son essai, inscrit après avoir pris Yoann Huget de vitesse, à la réception d’une longue ouverture dans le dos de la défense tricolore. Du haut de ses 63 sélections, le numéro 8 toulousain a visiblement bien compris que le sort de ce 55e choc face aux Blacks venait, certainement, de tourner en faveur des champions du monde en titre. Et la suite de la partie, rondement menée et gérée par le camp néo-zélandais, lui donnera raison. Malgré un dernier quart d’heure totalement à l’avantage des siens, qui échoueront, cruellement, à un essai transformé d’un nul qui aurait pourtant été mérité.

Un essai de Piutau qui aura suffi à faire voler en éclat les 40 premières minutes de qualité réalisées par le camp bleu. Une première période marquée du sceau de l’engagement, du combat et de la rigueur. Un acte initial qui aurait pu, déjà, mal tourné, si Cory Jane avait mieux contrôlé son ballon au moment de l’aplatir, le corps en touche, le bras sur le terrain, sous la pression de Maxime Médard (3e). De challengers, comme aimait le rappeler Thierry Dusautoir, les Tricolores s’étaient élevés au rang d’outsiders, auteurs parfois de temps de jeu énormes (30e)… pour une seule visite, seulement, en Terre Promise. Celle de Brice Dulin à dix minutes de la fin (69e), alors qu’après Piutau, Read avait également aplati à un quart d’heure de la sirène (65e).

Un dernier quart d'heure de folie pour les Français

A égalité à la mi-temps (9-9), le XV de France menait pourtant encore en tout début de seconde période (12-9), comme souvent lors du premier acte. Morgan Parra sanctionnait au pied les fautes d’indiscipline adverses. Pas parfaitement, malheureusement, le demi de mêlée clermontois (2 ratés), qui abandonnait quelques points en route. Sûr qu’ils n’auraient pas été de trop dans le décompte final. Mais, incapables d’avoir ce dernier coup de rein, ce geste de génie ou le bon décalage au moment de conclure, qui plus est face à une très bonne défense néo-zélandaise, les Bleus n’avaient pas d’autre choix que de ne pas laisser le moindre trou d’air enrayer leur défense. Et une fois la brèche révélée, il était difficile pour la bande à Saint-André de bouleverser des Blacks habiles dans leur gestion du score.

Difficile oui jusqu’à ce fameux dernier quart d’heure. Celui qui verra Brice Dulin déchirer, enfin, le rideau défensif néo-zélandais. Puis Damien Chouly, au relais d’un festival de Wesley Fofana, rentrer dans l’en-but mais sans jamais parvenir à aplatir (76e). La France pousse, pousse et pousse encore, portée par les vivas du Stade de France. Mais la ligne All Black ne rompra pas deux fois dans cette partie, obligeant le camp français à concéder une nouvelle défaite face aux champions du monde. La 8e consécutive, la 42e en tout. Ce nouveau revers va, comme d’habitude, faire mal aux têtes bleues. Les partenaires de Thierry Dusautoir, peut-être acteur de son dernier France-Nouvelle-Zélande, n’ont pas démérité face à un adversaire loin, très loin de les surclasser. La raclée tant redoutée n’a pas eu lieu. Et les motifs de satisfaction seront certainement nombreux dans les heures à venir. Mais ce XV-là ne gagne toujours pas en 2013. Et une fois la déception All Blacks avalée, c’est ce constat qui devrait rapidement primer.

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A.D