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Guazzini, des « Dieux du Stade » à Dalida

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Charismatique patron du Stade Français pendant 18 ans, Max Guazzini partage aujourd’hui son temps entre l’écriture, la musique et un amour toujours intact du rugby. Rencontre avec l’une des grandes figures du sport tricolore de ces deux dernières décennies.

A peine sorti de l’adolescence, le beau Max se rêvait un destin de chanteur. Il enregistrera même deux disques, au succès confidentiel, qui l’amèneront à croiser la route de Dalida dont il deviendra l’attaché de presse. Une vie plus tard, le sémillant sexagénaire nous reçoit dans le bureau d’Orlando, frère de la chanteuse d’origine italienne disparue il y a tout juste 25 ans. Retiré des affaires, l’ancien grand manager aux mille idées par jour n’a pas pour autant refermé le couvert. « J’écris un livre, tout seul, glisse-t-il sur le ton de la confidence. Ce n’est pas facile. Je m’intéresse toujours à la musique. Je fais des auditions pour découvrir des jeunes talents. » Il y quelques mois, Guazzini a produit un double-album de chants grégoriens, devenu disque d’or. Un spectacle va naître de cette belle histoire. Vendredi soir, il ira même pousser la chansonnette sur le plateau de l’émission de Daniela Lumbroso. Une vie bien remplie, même si la nostalgie du tourbillon passé n’est jamais bien loin.

« Pendant des années, j’ai managé des équipes et là, je me retrouve depuis quelques mois à me manager moi-même, lâche l’ancien patron de radio. C’est plus facile pour moi d’amener les autres vers l’excellence. » Parti du Stade Français en juin 2011 après avoir assuré la pérennité d’un club alors en danger, Guazzini ne reviendra pas. « Ce n’est plus mon histoire. Il faut l’accepter, lâche-t-il. C’est un peu dur mais je garde des relations très affectives avec beaucoup de joueurs. » Lui, le chef de bande inventeur du maillot rose, des pom-pom girls et des feux d’artifices sur les terrains de rugby, reconnait aujourd’hui son statut d’ « orphelin » du Stade Français. Devenu un observateur attentif, il se refuse pourtant à commenter les choix de ses successeurs.

Une chanson pour Dalida

« Max » préfère évoquer sa joie de voir éclore les jeunes pousses du club. Sa grande fierté ? Le nouveau Jean-Bouin, pour lequel il s’est battu pendant 10 ans et dont les spectateurs pourront enfin profiter à l’horizon 2013. « C’est un cadeau que je laisse aux Parisiens ». Il raconte avec émotion l’hommage rendu par les joueurs au Stade de France en janvier dernier, un soir de victoire face au Racing : « Ils sont venus me chercher pour faire le tour d’honneur. C’était très émouvant. Ça n’arrive pas souvent dans le sport. » Pour ce grand affectif, les témoignages de sympathie sont nombreux : « Les gens m’arrêtent dans la rue. C’est touchant de voir ces témoignages de gens qui viennent me remercier. La passion persiste et le public ne l’a pas oublié. »

L’entretien touche à sa fin. Orlando s’invite dans le bureau. D’abord discret, le producteur à l’accent inimitable devient intarissable à l’évocation de la sortie d’un disque hommage à Dalida. Un CD dont « Max » est l’un des interprètes, au milieu des Christophe Willem, Amel Bent, Dany Brillant, Hélène Ségara… « J’ai enregistré une chanson, sourit Guazzini, ‘‘Que sont devenues les fleurs’’. On l’a fait écouter à Orlando. Il m’a dit : ‘‘Si tu avais chanté comme ça à l’époque, peut-être que tu aurais fait une carrière’’. » Un bel accomplissement pour ce fils d’immigrés italiens, toujours en quête de nouveaux horizons.