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Ils s’en souviendront !

Les Bleus en ont bavé pendant ces 10 jours de stage au Chambon !

Les Bleus en ont bavé pendant ces 10 jours de stage au Chambon ! - -

Le stage du XV de France au Chambon-sur-Lignon prend fin ce mardi. Les Bleus disposent d’une semaine avec leur famille avant de se retrouver à Falgos, dans les Pyrénées. Ils pourront récupérer d’une préparation sans pitié avec les organismes, mais qui aura lancé idéalement l’opération Coupe du monde.

« Ce VTT, je le balance mardi matin, je vais le jeter le plus loin possible, je ne peux plus le voir ! » Vincent Clerc rit aux éclats, mais ce (presque) briscard de 30 ans, qui s’apprête à disputer sa deuxième Coupe du monde d’affilée avec les Bleus, ne s’attendait pas à passer dix jours en Auvergne sur un deux-roues. Tous les déplacements se sont faits à vélo, notamment les 2 km séparant l’hôtel Bel-Horizon du stade municipal, lieu des entraînements.

Même pour un ailier voltigeur comme le Toulousain, le stage au Chambon-sur-Lignon entamé le 8 juillet et qui prend fin mardi, aura été celui de toutes les surprises. De l’« épicé » voulu par le staff tricolore. « On veut du changement pour favoriser l’adhésion et l’engouement, explique Julien Deloire, aiguilleur en chef de la préparation de l’équipe de France à la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 sept.-23 oct.). On remarque qu’ils apprécient, et qu’ils s’adaptent bien à la nouveauté. » L’encadrement avait joué les cachotiers, tenant secret le programme du stage.

Arrivés un vendredi, les 33 Bleus et le staff sont partis le lendemain aux aurores à l’assaut du Mont Mézenc (1753m) pour 48h de raid-commando : deux nuits en bivouac, rafting, tyrolienne, des troncs d’arbres à débiter, des balles de foin de 500 kg à pousser, de la sueur à gogo. Et pour boucler ces travaux champêtres, un ride en chiens de traineaux qui a enchanté… Damien Traille. « Il y en a qui ont peur des araignées, des serpents, moi c’est les chiens, reconnaît le trois-quarts centre biarrot. Je crois que cette petite course m’a réconcilié. J’ai pris du plaisir, malgré la peur. »

Papé : « On en a chié, mais c’est pour la bonne cause »

Les Bleus ont eu également la surprise collée à la peau pendant tout le stage. A peine posé le pied en Haute-Loire, on leur a fixé un boitier GPS autour du torse. Toutes les données cardio, puissance, vitesse, récupération, étaient envoyées et analysées en temps réel par la cellule recherche de la FFR, pilotée par Julien Piscione. « J’ai eu une séance où vraiment, je ne pouvais pas faire plus, lâche le troisième-ligne clermontois Julien Bonnaire. Je suis arrivé à la dernière ligne droite, je me suis jeté. J’étais au taquet, la courbe du cardio, pareil... »

Bref, le Chambon a marqué les organismes. « On en a chié, mais c’est pour la bonne cause », glisse le deuxième-ligne parisien Pascal Papé. Pas d’écouteurs pour les Bleus, sollicités comme rarement. Hormis quelques bains de foule, un peu de pêche, de golf et de belotte, les joueurs n’ont vu que du foncier. Un choix voulu par l’encadrement, avant le deuxième stage à Falgos, dans les Pyrénées (25-30 juillet), qui mettra l’accent sur le ballon, et le jeu d’équipe. En attendant, les Bleus vont faire relâche en famille. Et sans VTT.