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Les Bleus endeuillés par la mort de Ferrasse

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Le XV de France, en stage à Falgos en préparation de la Coupe du monde, a appris vendredi matin le décès d’Albert Ferrasse, ancien président de la FFR et figure incontournable du rugby français. Entre recueillement et émotion.

L’ambiance n’était pas à la fête ce vendredi au domaine de Falgos où les Bleus préparent actuellement la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande (9 septembre-23 octobre). Les joueurs de Marc Lièvremont ont appris avec tristesse la disparition d’Albert Ferrasse. L’ancien président de la Fédération française de rugby (de 1968 1991) est décédé à l’âge de 93 ans à Agen, club avec lequel il a été sacré champion de France en 1944 en tant que joueur puis qu’il a présidé à partir de 1963.
Si Morgan Parra n’avait que 2 ans lorsqu’il quitta ses fonctions au sein de la FFR, Jo Maso, le manager de l’équipe de France depuis 1996, a lui très bien connu ce personnage incontournable et singulier du rugby français : « C’est une triste journée, a-t-il déclaré. On perd un très grand personnage et un grand président. Albert Ferrasse a été le premier qui a permis au rugby français d’être reconnu au niveau mondial. Avec lui, on a parlé d’égal à égal avec les Anglais et les joueurs de l’hémisphère sud. Il a été efficace durant son règne de 23 ans. »

Camou : « Il faisait bouger les lignes »

Celui qui fut à l’origine de la première Coupe du monde en 1987 (victoire de la Nouvelle-Zélande) ne laissait personne indifférent. Homme de poigne au caractère bien trempé, « il faisait bouger les lignes », selon Pierre Camou, l’actuel président de la FFR. « Il était dominateur, poursuit Jo Maso. Durant une réunion du comité directeur, je l’ai vu dire ses quatre vérités à l’un des dirigeants de la Fédération. Au son de sa voix, l’homme est tombé de sa chaise. »
Bon vivant, grand joueur de belotte, Albert Ferrasse a donné au rugby tricolore ses lettres de noblesse. Son décès à quelques semaines du début de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande va sans doute marquer les esprits des Bleus : « Son départ touche le rugby profondément, regrette Camou. Il fut à l’avant-garde et à la pointe. » En 1998, Fernand Sastre, ancien président de la FFF, était parti quelques jours avant le sacre de la bande à Zizou. Et si les partenaires de Thierry Dusautoir rendaient hommage à Albert Ferrasse de la même façon ?