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Les motifs d’espoir de Saint-André

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Au lendemain de la défaite face aux All Blacks (19-26), Philippe Saint-André, le sélectionneur du XV de France, a tiré les enseignements de ce revers frustrant. Avec quelques critiques mais surtout beaucoup d’optimisme pour la suite.

Une charnière prometteuse

« Pour une première, notre charnière a fait des choses de grande qualité. Rémi (Talès) a été très intéressant offensivement. On avait décidé d’attaquer la zone du 10. Deux, trois fois, il a franchi. Il a animé, il n’a pas eu peur. Il est allé défier les Néo-Zélandais. Son point fort, c’est la longueur de son jeu au pied. Il le démontre tous les week-ends avec Castres en Top 14. Mais au niveau international, il y a une seconde de moins pour taper. En première mi-temps, je pense qu’il a trop assuré son jeu au pied. Mais en même temps, ce n’était que sa deuxième sélection. Morgan (Parra), on voit qu’il a 50 sélections. Il a eu de l’aisance, il a collé au ballon. C’était son meilleur match depuis que je suis à la tête de l’équipe de France. Dans l’animation avec les avants, sur les ballons longs, on est arrivé à se faire des passes et à remettre de la vitesse. La charnière a montré des choses de grande qualité face à une belle équipe. »

Un manque de patience

« En fin de match, sur la deuxième mêlée, leur droitier s’écroule complétement. Si on avait été patient et qu’on n’avait pas talonné à la main, l’arbitre aurait donné pénalité ou une nouvelle mêlée. Au bout de la troisième pénalité, ça aurait été carton jaune ou essai de pénalité. On était à quelques mètres de la ligne, avec la possibilité de marquer un essai. Ce sont des gestes sur lesquels on manque de lucidité et d’expérience. Il faut apprendre de ces gestes pour ne pas les reproduire lors des prochains matchs. »

Un état d'esprit positif

« Sur l’état d’esprit, on conserve le ballon plus qu’eux. On a plus de rucks qu’eux, plus de franchissements. Dans le contenu, on a rivalisé avec la meilleure équipe du monde. C’est pour ça qu’on est extrêmement déçu. Parce qu’on s’était préparé, non pas à jouer les Néo-Zélandais, mais à les battre. On a ce goût amer dans la bouche. Il faut maintenant retrouver la victoire, parce que ça fait longtemps qu’on n’a pas gagné. Les statistiques ne sont pas bonnes. Je les assume. On va continuer et on va gagner des matchs. On est sur la bonne voie. Il manque un résultat positif. Avec le staff, on fait confiance à 150% à ce groupe, à cette équipe, parce qu’elle a des valeurs. Les mecs bossent et s’investissent. Le public du Stade de France l’a remarqué. Il nous a soutenus durant 80 minutes. J’ai confiance en l’avenir. »

Des choix (presque) payants

« Avoir une troisième ligne (Dusautoir, Chouly, Lauret) avec deux joueurs très forts dans les duels, ça a empêché les Néo-Zélandais de mettre du volume dans leur jeu. Ça a été très intéressant. On a pu faire ça grâce au retour de Pascal Papé. Il a touché énormément de ballons. Il a amené beaucoup d’aisance dans notre volonté d’avancer et de se faire des passes. On avait pensé à avoir une première ligne très puissante pour rentrer en fin de match. On a aussi une seconde ligne de très haut niveau, idem au centre. En face de ce qu’il se fait de mieux au monde, on a plus que rivalisé. Gaël Fickou a fait une superbe entrée, avec du culot et du talent. A certains postes, on est très bien armé pour le futur. »

L'activité de Fofana

« Sur chaque ballon, non seulement il crée de l’espace pour les autres, mais en plus, il a cette faculté à gagner ses duels, à avancer et à créer l’incertitude dans la défense adverse. C’est un joueur avec un potentiel exceptionnel, qui est en train de se donner les moyens de briller avec l’équipe de France. »

L'avènement de Lauret

« C’est la deuxième fois qu’on le prend. Il a connu des blessures à répétition. Il a eu un long break, où il a pu se structurer. Il a démontré que dans le un contre un, face à la meilleure troisième ligne du monde, il soutenait la comparaison. On a en France des joueurs de grande qualité. Il faut les laisser mûrir et grandir. C’est difficile actuellement parce qu’il faut accepter de perdre des matchs. Mais j’en confiance en l’avenir et en cette jeunesse française, qui est en train de tout faire pour se hisser au plus haut niveau. »

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Propos recueillis par Pierrick Taisne