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Les questions qui fâchent

Emile Ntamack et Marc Lièvremont

Emile Ntamack et Marc Lièvremont - -

Après la pénible victoire contre le Japon samedi (47-21), l'état de forme du XV de France en ce début de Coupe du monde interroge. Le turnover prévu pour le match contre le Canada dimanche, les performances de Dimitri Yachvili et François Trinh-Duc, ou encore la qualité du groupe suscitent le débat.

A quand une équipe-type ?
Entrer dans la Coupe du monde en donnant du temps de jeu à tous était le vœu de Marc Lièvremont. Les lacunes affichées contre le Japon l’inciteront-elles à oublier le turnover ? A priori, non. « Evidemment, je me pose des questions, explique le sélectionneur. Peut-être que ces déchets viennent d’un mauvais management, du fait de tourner en permanence. Mais je crois que ce serait une erreur de figer le groupe et de ne pas redonner une chance à certains joueurs. Je ne crois pas que je vais modifier mes plans. » Sébastien Chabal, de Paris, demandait le contraire la semaine dernière. « Il faut arriver à se fixer sur un XV titulaire pour les trois premiers matches, jouer avec la même équipe et faire tourner contre les Tonga » estimait-il. En vain, pour le moment.

La charnière ? Quelle charnière ?
« Notre charnière a été poussive et a contribué à mettre l’équipe en danger à cause de ses mauvais choix, déplore Marc Lièvremont. Le "Yach" (Dimitri Yachvili, Ndlr), qui avait été très vif et alerte durant la préparation, a eu beaucoup de déchet technique. Et François (Trinh-Duc) s'est mis au diapason. » Brillant lors de son dépannage à l’ouverture, après la blessure de David Skrela, Morgan Parra pourrait avoir marqué des points. « Il a remis de la fluidité, de la vivacité », se félicite le sélectionneur. Mais ces hésitations récurrentes à la charnière inquiètent. « On a des lacunes dans le jeu au pied, dans l’occupation du terrain, regrette Serge Simon. Les changements à l’ouverture sont symptomatiques. » Marc Lièvremont a écarté, ce dimanche, la possibilité de recourir à Damien Traille.

Les joueurs sont-ils à la hauteur ?
Etre champion du monde est toujours l’objectif du sélectionneur. Malgré l’accumulation des doutes. « Je rêve de constance et de précision », soupire Marc Lièvremont. Et de prendre pour cible Imanol Harinordoquy : « Il y a des joueurs laxistes dans les comportements. Je pense à Imanol, qui a été léger, comme il peut l’être. Son comportement m’a pas mal contrarié. C’est agaçant. » Pour Bernard Laporte, la compétitivité du XV de France est liée avant tout à son axe fort, plus qu’à un seul homme. « Ce qu’il faut, ce sont de très bons joueurs aux postes clés, rappelle l’ancien sélectionneur. Parlons de l’axe 2-8-9-10-15. A-t-il été performant ou pas ? A certains moments, si c’est le désordre, c’est cet axe-là qui doit redresser tout ça. » Un déficit très gênant en pleine Coupe du monde.