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Lièvremont : « Bastareaud est moins bon que les autres »

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Malgré la gifle reçue face à l’Australie en novembre, le sélectionneur n’a pas bouleversé son groupe qui disputera le Tournoi des VI nations à partir du 5 février prochain contre l’Ecosse. Il explique ses choix et justifie l’absence du centre du Stade Français.

Marc Lièvremont, de nombreux joueurs retenus pour le Tournoi étaient présents lors de la tournée d’automne. Finalement, vous travaillez dans la continuité…

Tout le monde me parle des 80 joueurs utilisés en trois ans. C’est faire preuve de mauvaise foi. Cela fait un moment qu’il y a de la continuité même si on est extrêmement déçu de la gifle reçue par l’Australie. J’ai confiance en ce groupe. Même si on peut penser qu’il sera proche de celui qui disputera la Coupe du monde, il y aura une autre annonce le 11 mai. D’autres joueurs peuvent encore intégrer l’équipe.

Que reprochez-vous à Mathieu Bastareaud, l’un des grands absents de votre liste ?

D’être moins bon que les autres. Il n’y a pas de joueurs bannis ou mal aimés. J’ai beaucoup d’affection pour Mathieu. C’est un homme d’attachant. J’ai fait passer des messages. Tous les retours que j’ai eus par son club me laissent penser qu’ils n’ont pas été entendus. Je ne juge que la performance. Mathieu n’est pas condamné. Aujourd’hui il n’est pas là. C’est tout sauf une injustice.

Jérôme Porical qui est un joueur polyvalent est lui aussi absent…

Il est en progression. Mais il y a la concurrence de joueurs comme Maxime Médard, Alexis Palisson ou Clément Poitreneaud. Il faut choisir. J’estime que ces trois joueurs sont devant Jérôme.

La présence de Sylvain Marconnet est surprenante…

Il était là lors du dernier Tournoi. Il était blessé et très fatigué en juin. En novembre je lui avais préféré Jérôme Schuster qui est blessé et Ducalcon. Mais dans mon esprit, Sylvain a toujours été assez proche de l’équipe de France. Je sais qu’il s’est fixé comme dernière échéance cette Coupe du monde. Il est arrivé comme super joker à Biarritz. Avec le jeu des blessures, il joue régulièrement et il est performant. Je connais son état d’esprit de compétiteur. C’est le seul joueur avec qui j’ai eu la chance de jouer dans une autre vie… C’est une question de confiance et de feeling.

Votre capitaine, Thierry Dusautoir, a fait son mea culpa…

Nous avons beaucoup échangé. On s’est dit les choses, de manière abrupte au début. Ça me laisse entrevoir beaucoup de bonnes choses pour cette année 2011, notamment sur son implication. Il a été maladroit. J’ai pu l’être aussi. On a convenu qu’il devait être cette personne qui échange si certains joueurs ont du mal à s’exprimer. Il doit être le relais entre les joueurs et moi.

Quelles sont vos ambitions dans ce Tournoi ?

Même si j’ai dit que cette compétition était la deuxième division mondiale, elle reste toujours aussi magique, unique et ouverte cette année. Qu’elle soit programmée à six mois de la Coupe du monde m’importe peu. On a envie de se racheter de notre contre-performance contre l’Australie. On veut montrer aux supporters qu’ils peuvent croire en nos chances pour la suite.