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Lièvremont, le jour d'après

Marc Lièvremont

Marc Lièvremont - -

Particulièrement remonté après la prestation de ses joueurs, samedi contre le Japon (47-21), Marc Lièvremont n'était toujours pas redescendu le lendemain. L'entraîneur de l'équipe de France attend désormais une remise en question de tous.

« J’ai bien dormi. Je vous remercie. » La première question adressée à Marc Lièvremont avait donné le ton. Très disponible et très disert, l’entraîneur français a pris près d’une heure dimanche pour répondre aux sollicitations médiatiques, au lendemain de la victoire poussive des Bleus contre le Japon (47-21) pour son premier match dans cette Coupe du monde. Tendu et énervé quelques minutes après la rencontre, il n’avait rien perdu de son ton offensif vingt-quatre heures plus tard. La charnière, Imanol Harinordoquy, les lignes arrières… Tous ont eu droit à leurs remontrances publiques.

Dans le même temps, ce sont des joueurs plutôt décontractés et souriants qui se sont offert quelques minutes de relaxation dans une des piscines chauffées de leur hôtel de Takapuna. Au deuxième étage d’un immeuble qui en compte près de vingt, ils ont plaisanté sous l’œil des caméras, alors que la pluie tombait à grosse gouttes. La veille, après leur victoire, ils étaient d’ailleurs allés faire un petit tour en ville « pour boire un coup ensemble et rapidement rentrer », comme l’indique Marc Lièvremont. « Il ne faut tomber dans la sinistrose non plus et se faire hara kiri. Il ne faut pas oublier que nous avons gagné », ajoutait d’ailleurs le technicien.

Suffisance, coup de pied au cul, manque d'ambition...

Un petit mot sympa qui ne masque pas les piques lancées tout au long de la matinée. Un vocabulaire particulièrement réfléchi : « suffisance », « coup de pied au cul », « manque d’ambition » et des phrases sensées bousculer les ego. Morceaux choisis : « On voulait de la maîtrise et de la constance. On a tout faux de ce côté-là. » Ou encore : « Ils savent qu’ils ont été légers et que je n’étais pas content. » Enfin : « Ce sont à eux de voir qu’ils ont été inefficaces et de se responsabiliser. » Auteur d’un coup de gueule à la mi-temps et en fin de match, l’ancien troisième-ligne avait regretté le manque d’application lors des dernières séances d’entraînement. Il avait vu juste.

Le patron des Bleus ne perd pas pour autant son objectif de vue. « Cette équipe a du talent, j’en suis persuadé, maintient-il. L’objectif reste le titre de champion du monde, mais je n’ai pas le sentiment qu’on sera champions du monde avec un jeu minimaliste. » Pourtant, à l’image de ce qui avait été aperçu après l’humiliante défaite en Italie (22-21) lors du dernier Tournoi, le sélectionneur semble « désemparé » face à la prestation de ses joueurs, et en manque de solution. Le groupe, parti en ville pour déjeuner, bénéficiait d’un quartier libre dans la foulée. Pas forcément de trop quand on sait que la fin d’après-midi devait être consacrée au visionnage de la rencontre contre les Nippons. Sans doute une longue soirée en perspective.