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Lombard : « En France, on joue pour ne pas perdre »

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Huit défaites, un match nul et deux succès seulement. Un bilan 2013 plutôt triste pour le XV de France, qui pose le problème du vrai niveau des Bleus. Pour Thomas Lombard, la formation est la source des maux que traverse l’équipe de France.

Le fossé entre la France et les grandes nations de l’hémisphère Sud s’est encore creusé lors de la dernière tournée d’automne. Vaillants contre les All Blacks et terrassés face aux Springboks, les Bleus ont montré des limites physiques et surtout techniques dans ces deux matchs, estime Thomas Lombard. Des secteurs déficients à cause d’une formation, d’un apprentissage et d’une éducation française délaissés selon notre membre de la Dream Team RMC Sport. « Le problème, c’est qu’on a un championnat et des pratiques qui sont basées uniquement sur certaines aptitudes. Donc on se retrouve avec des gamins qui n’apprennent pas à faire des passes ou des mêlées en catégorie de jeunes. Et au haut niveau, c’est la même chose. Donc finalement notre championnat est, certes, fait de combat, de conquête, de défense… et avant tout de buteurs pour gagner huit matchs sur dix. Mais pour les gestes techniques comme ceux des Néo-Zélandais, il faudra repasser.

Aujourd’hui, il faut attendre la 60e minute de jeu et 30 points de retard pour prendre des risques. Tout ça vient aussi mettre une chape de plomb sur les possibilités que pourraient avoir les joueurs de se lâcher. On ne joue pas pour gagner, ou joue pour ne pas perdre en rugby. Ça a une incidence sur le rendu et sur le contenu des rencontres. C’est pour ça qu’il y a des matchs qui sont très engagés, très physiques sur tout le jeu d’avant et l’organisation défensive mais assez pauvre sur la prise de risques et sur la dimension technique.

« En Angleterre, mes filles ont fait de la boxe »

Je ne veux pas chercher d’excuse au rugby français. C’est vrai qu’il y a des manques, des carences. Les Néo-Zélandais, les Anglais ou même les Sud-Africains découvrent et apprennent le sport dans un système éducatif qui est radicalement différent du nôtre. On se rend compte que dans ces pays, le sport occupe une part prépondérante. Les jeunes joueurs développent dès le plus jeune âge des habiletés sportives dans tous les domaines. Mes filles ont été à l’école en Angleterre, elles ont fait du volley, du handball, du basket, de l’aviron, même de la boxe ! Et ça développe vraiment le potentiel physique d’un individu.

On a un système de formation qui doit peut-être s’améliorer. Mais avant ça, déjà, on part avec un retard qui est énorme par rapport à tous ces pays-là. Je pense que le potentiel athlétique des joueurs français se développe sur le tard parce qu’on a tout ce delta à rattraper. »

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Thomas Lombard