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Lopez : "Il y a beaucoup de rage…"

Camille Lopez

Camille Lopez - AFP

EXCLU RMC Sport. Non retenu dans la liste des 36 pour la préparation du Mondial 2015, Camille Lopez s’exprime pour la première fois sur sa non-sélection. Le demi d’ouverture et buteur de Clermont revient sur sa discussion avec Philippe Saint-André et sur l’imbroglio de sa blessure lors du dernier match du Tournoi face à l’Angleterre. Mais Camille Lopez ne regrette rien et se tourne désormais vers la fin de saison avec son équipe de l’ASM où le bouclier de Brennus reste l’objectif affirmé.

Camille, comment avez-vous appris votre non-sélection pour la préparation de la Coupe du monde avec l’équipe de France ?

Nous étions avec l’équipe. On faisait une session de karting. A la fin de mon tour, j’ai regardé mon téléphone. J’avais un appel manqué d’un numéro masqué et un message. C’est Philippe (Saint-André) qui m’avait laissé un message. Il me disait qu’il m’appelait pour me donner une mauvaise nouvelle. A savoir que je n’étais pas dans la liste des 36…

Comment avez-vous réagi ?

Ca été dur. Je ne peux pas le nier. Je suis déçu, frustré… Il y a plein de pensées négatives à ce moment-là. C’est dur à encaisser sur le moment. Je ne m’attendais pas à une annonce comme ça. Il y a beaucoup de rage car je suis un compétiteur. C’était un rêve de gamin. J’avais réussi à revenir de blessure, j’avais tout fait pour participer à cette Coupe du monde. Forcément, il y a beaucoup de tristesse de ne pas être de cette aventure.

Avez-vous eu des explications de Philippe Saint-André sur votre éviction ?

Oui, je l’ai eu le lendemain de l’annonce au téléphone car il ne m’avait laissé qu’un message. On a eu une discussion. Il m’a donné son explication. Ses arguments, c’est qu’aujourd’hui, pour s’engager dans cette compétition, il a décidé de s’appuyer sur des ouvreurs qui ont de l’expérience, avec du vécu. Notamment pour François (Trinh-Duc) et Frédéric (Michalak) qui ont le vécu d’une Coupe du monde. Et pour Rémi, qui a plus de bouteille et un certain âge aussi. 

Est-ce que l’imbroglio de votre blessure lors de la semaine avant le dernier match du Tournoi face à l’Angleterre a pu jouer un rôle dans votre non sélection ?

Oui, certainement aussi, mais Philippe ne m’en a pas parlé. C’est un choix. Il m’a dit que Frédéric (Michalak) était plus fiable que moi. Il m’a assuré que cet imbroglio n’était pas entré en compte dans sa prise de décision. C’était des choses qui arrivaient. Il voulait simplement partir avec des ouvreurs d’expérience. 

Avec du recul, auriez-vous pris une autre décision lors de ce fameux Angleterre – France si vous aviez su que ça aurait causé autant de débat ?

Non, j’ai été arrêté six semaines. Si j’avais été blessé moins longtemps, j’aurais pu le regretter. Mais j’avais une grosse blessure. Si je jouais, je prenais le risque de repéter mon ligament croisé du genou. Donc non, si j’avais la même décision à prendre, je ferais exactement la même chose. 

Pensez-vous que votre finale ratée de Champions Cup face à Toulon vous ait joué des tours ?

Je ne sais pas. C’était ma première finale. Et si on regarde, je suis l’un des seuls à en avoir joué une. Frédéric (Michalak) en a joué beaucoup. Mais ce n’est pas le cas de Rémi (Talès) ou de François (Trinh-Duc). C’est une expérience qui a peut-être pesé dans leur choix mais pour moi, c’est une expérience inoubliable, même si je l’ai perdue. C’est en jouant des matches comme ça que je vais apprendre à murir, à grandir. 

N’est-ce pas frustrant de disputer la tournée de novembre et le Tournoi des 6 Nations dans la peau d’un titulaire et d’être recalé dans la dernière ligne droite de la Coupe du monde ?

Forcément. Je suis déçu. C’est la vie. Mais elle ne s’arrête pas. J’ai une famille, un enfant, un club, des amis derrière moi. Ils vont m’aider à me relever. J’ai aussi des objectifs avec Clermont en cette fin de saison. J’espère qu’on va aller chercher un titre. C’est dur à encaisser sur le coup, mais j’ai retrouvé le chemin de l’entraînement. Il faut rebondir le plus vite possible. 

Etes-vous revanchard ?

Oui, mais je vais surtout essayer d’être le meilleur possible quand je serai sur le terrain. Montrer qu’ils se sont trompés ne sert à rien, la liste a été annoncée. Je vais continuer à donner le meilleur de moi-même pour mon équipe. 

Le meilleur moyen d’oublier est de gagner le Brennus ?

Oui, on avait comme objectif d’être champion d’Europe. A nous de nous servir de cet échec pour être plus performant sur les phases finales du Top 14. Si on gagne le Brennus, ça atténuera un peu la déception, mais ça restera dans un coin de ma tête car je vais manquer un moment fort. 

Etes-vous dans la liste des 50 en cas de pépin ?

Oui. 

Ça vous laisse encore un petit espoir ?

Non, car je ne souhaite pas de blessure aux autres. Et je ne peux pas attendre ça. Je suis déçu et pour moi, je n’y serai pas. 

Est-ce qu’il faut déjà basculer vers la Coupe du monde 2019 au Japon ?

Se projeter, ça ne sert pas à grand-chose aujourd’hui. Je vais tout faire les quatre prochaines années pour être à cette Coupe du monde au Japon. Je vais bosser pour montrer que j’ai ma place, mais c’est trop lointain. J’ai déjà une saison à finir. 

Maxime Raulin et Wilfried Templier