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Marconnet : « Défendre son territoire corps et âme »

Sylvain Marconnet

Sylvain Marconnet - -

Doyen de la sélection française (34 ans), le pilier de Biarritz a affronté six fois l’Angleterre à Twickenham durant sa carrière. Il parle de ce « Crunch » qu’il connaît si bien. Et met la pression sur les Anglais en vue de la Coupe du monde.

Sylvain, France-Angleterre a-t-il toujours un parfum particulier ?

Oui ! Quand on devient international, on rêve tous d’affronter la Nouvelle-Zélande et de disputer un France-Angleterre. C’est historique. C’est toujours LE match du Tournoi. Le Tournoi est un événement mais le France-Angleterre est un événement en soi.

Encore plus à Twickenham ?

C’est plus compliqué. On a plus tendance à se faire corriger qu’à en imposer. On y va avec la bonne pression pour essayer de réaliser un grand match. Le déroulé du Tournoi se passe bien avec deux victoires (34-21 face à l’Ecosse et 25-22 contre l’Irlande) et une pression qui est davantage sur les Anglais. On a tout à gagner. On est tous concentré, on a bien travaillé et j’espère qu’on va rivaliser avec ces Anglais, voire mieux.

Que faudra-t-il produire pour l’emporter ?

Du combat ! Je pense que ça va être l’une des clefs du match. C’est l’équipe qui va mettre le plus de férocité possible dans le combat qui va très certainement réussir à remporter le match. Je ne sais pas si on va voir des équipes dans la même philosophie. Chaque équipe voudra défendre son territoire corps et âme.

Ces Anglais sont impressionnants…

Sur ce qu’on a pu voir depuis le début du Tournoi, ils paraissent bien physiquement. Ils réussissent à bien imposer au niveau du combat et à bien enchaîner derrière. Ils paraissent impressionnants tandis que nous, nous avons bafouillé notre rugby. On arrive avec deux états d’esprit différents. On est un peu moins confiants que les Anglais. Nous restons toujours sur le traumatisme de novembre (défaite 59-16 face à l’Australie), avec la volonté de se racheter. C’est le bon match pour s’étalonner.

La France n’est pas favorite, ce qui lui réussit bien généralement…

Ça, on le dira après le match. Si on en prend 40, je paraîtrai ridicule. On n’a pas la pression du favori, on va chez eux. Il y a des excuses si on n’arrive pas à s’imposer. Mais il y a la volonté d’un groupe de réaliser quelque chose de grand avec cette Coupe du monde. Face à l’Ecosse et l’Irlande, le résultat était là malgré des prestations peu abouties. On a envie de continuer à progresser et à prendre du plaisir ensemble.

Propos recueillis par Julien Richard