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Nouveau raffut pour Lomu

A 34 ans, Jonah Lomu est bien déterminé à relever le challenge de Marseille-Vitrolles. Avec brio ?

A 34 ans, Jonah Lomu est bien déterminé à relever le challenge de Marseille-Vitrolles. Avec brio ? - -

C’est une icône du rugby mondial que Marseille-Vitrolles va engager pour les deux prochaines saisons. Meilleur joueur du monde il y a encore sept ans, Jonah Lomu va tenter de relever le pari de la montée en Pro D2 avec le club provençal.

Le rugby n’a jamais véritablement passionné les foules à Marseille. La faute à un rival sportif bien encombrant, le football. Mais la donne pourrait sérieusement changer. Depuis dimanche très exactement et l’annonce de l’arrivée de Jonah Lomu la saison prochaine au sein de l’effectif de Marseille-Vitrolles. Le site internet du club l’affiche en grand : « Marseille se donne les moyens de ses ambitions. »

Avec l’ancien international néo-zélandais (63 sélections, 37 essais), ces dernières sont de propulser la formation provençale, pensionnaire de Fédérale 1, en Pro D2 et, dans un avenir proche, en Top 14. Forcément, l’annonce a fait son effet. « C’est vrai que voir de grandes stars venir dans le Sud-Est comme ça, c’est vraiment enrichissant pour la région, confie Aubin Hueber, l'entraîneur des avants du RC Toulon, présent dimanche à Marseille lors d'un tournoi de beach-rugby au Prado. Puis à Marseille, ville du ballon rond, voir débarquer un joueur comme Jonah Lomu, c’est quelque chose de très bien pour le rugby. C’est peut-être l’occasion de créer une dynamique sur Marseille. On doit valoriser notre sport et là, c’est une très belle image. »

« Je déciderai quand ce sera la fin »

Certes. Si le défi est séduisant, sera-t-il au niveau d’un joueur qui n’a plus touché le moindre ballon de rugby depuis un an ? « Je n’ai jamais quitté les terrains de rugby, se défend Lomu. J’ai décidé de prendre une année sabbatique pour être présent pendant la grossesse de ma compagne, pour pouvoir vivre ce moment tellement important dans la vie d’un homme. Tout le monde a cru que j’arrêtais ma carrière, mais c’était une erreur. Je ressens toujours le besoin de jouer et moi seul déciderais quand ce sera la fin. »

L’envie est intacte chez l'ex All-Black. Mais qu’en est-il de son état physique, qui sera forcément au cœur des interrogations ? « On connaît toute la problématique de santé qu’a eu Jonah Lomu, avoue Hueber. Il faudra voir s’il sera capable de se remettre en selle, même pour jouer en Fédérale 1.» « Je pense que ce ne sera pas le Jonah Lomu que l’on a connu », confie pour sa part le demi de mêlée international Jean-Baptiste Elissalde. A 34 ans, le temps où il pulvérisait le moindre obstacle devant lui semble avoir vécu. Tout le monde se souvient de son match formidable face à l’Angleterre lors du Mondial 1995 et de ses deux essais en demi-finale de l’édition 1999.

« M’investir dans la vie du club »

Depuis le syndrome néphrotique révélé en 2002 et la transplantation rénale qui a suivi deux ans plus tard, « l’Autobus » n’a jamais rebondi au plus haut niveau. L’homme qui, à une époque pas si lointaine finalement, voyait son faciès régulièrement placardisé sur les jaquettes de jeux vidéo, a bien porté les couleurs des Cardiff Blues (2005-06) avant de défendre les couleurs de North Harbour (Nouvelle-Zélande). Sans réussite. Pourtant Claude Achter, président du directoire de Marseille-Vitrolles, croit en lui.

« Il a passé le cap des trois ans de période critique de rejet de la greffe du rein. En ce qui concerne son physique, je dirais qu’il est dans une forme supérieure à celle qu’il avait lorsqu’il jouait au rugby. Il s’entraîne depuis neuf mois avec un préparateur physique personnel. Il fait 130 kg, il a des performances en développé-couché et en musculation supérieure à celles qu’il avait quand il jouait avec les All-Blacks. Aujourd’hui, je suis persuadé qu’il est au niveau. Il a sept kilos à perdre mais il les perdra d’ici le début du championnat. »

A Marseille-Vitrolles, l'ancien ailier néo-zélandais ne sera pas dépaysé. Il pourra compter sur la présence d’Isotolo Maka (ex Stade Toulousain), un de ces anciens partenaires en sélection, une des autres recrues également du club provençal. L’envie de bien faire sera là. Celle de s’investir sur la durée aussi (il signera deux ans avec une année en option). « Je souhaite m’investir dans la vie du club, peut être à travers la création d’un camp d’entraînement pour les jeunes de tout les horizons, poursuit Lomu. Mais une autre action me tient aussi à cœur, celle de venir en aide aux jeunes des banlieues difficiles. Je souhaite leur prouver que leur avenir est entre leurs mains. » Voilà qui est fait pour le discours d’intention. Le 10 juillet prochain, date prévue de son arrivée officielle, il s‘agira pour Jonah Lomu d’être convaincant sur le terrain.

La rédaction - Alix Dulac