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Papé : « Pas le droit de passer au travers »

Pascal Papé

Pascal Papé - -

Une semaine après sa défaite face aux All Blacks, le XV de France affronte les Tonga ce samedi, au Havre (18h). Pascal Papé, deuxième ligne tricolore, s’attend à une rencontre âpre mais espère que le groupe confirmera les progrès observés.

Pascal, avec du recul, quel regard portez-vous sur la prestation du XV de France contre les All Blacks, le week-end dernier ?

Ca se joue simplement à pas grand-chose. Dans le contenu, on a peut-être été meilleurs qu’eux. Mais on a péché dans les détails et contre la meilleure équipe du monde, ça se paye cash. On a appris de nos erreurs sur ce qu’on a pu faire. Il y a tout de même beaucoup de points positifs parce qu’on a réussi, à un moment donné, à les faire bien douter et vraiment rivaliser avec eux. Il faut qu’on garde le même état d’esprit que samedi. En prenant deux essais coup sur coup, on aurait pu craquer et au contraire, on est super bien revenu jusqu’à presque avoir la possibilité de faire match nul.

Comment avez-vous accueilli la ferveur au Stade de France, une enceinte qui habituellement sonne creux ?

C’était un match énorme pour nous car on a vraiment senti le public derrière nous. Ca fait vraiment plaisir, surtout contre ces équipes-là où on a besoin d’être soutenu comme c’était le cas samedi. C’est sans doute ce qui a apporté ce supplément d’âme en fin de match et nous a donné l’énergie afin d’essayer de rivaliser avec eux. Quand on sent qu’il y a une osmose comme celle-ci avec le public, on a vraiment envie de se donner pour eux.

Dans quel état d'esprit abordez-vous la rencontre contre les Tonga ?

Ca va être un match très difficile, déjà. Il faut que se rappeler que l’équipe de France s’était inclinée lors de son dernier match contre les Tonga (Mondial 2011). Une lourde défaite, d’ailleurs. Je crois qu’on est averti, on n’a pas le droit de passer au travers. Nous avons fait beaucoup de progrès, de bonnes choses. Ce sera à nous de valider cela contre les Tonga, même si on sait que ça ne va pas être facile. C’est une équipe qui arrive toujours à se sublimer contre les grandes nations. Il faut continuer sur ce qu’on est en train de faire. Le meilleur moyen est de terminer cette série de défaites par une victoire.

A la fin du match contre les Blacks, Philippe Saint-André a évoqué le « goût amer » de la défaite et la volonté de retrouver celui de la victoire. Mais n'y a-t-il pas aussi un sentiment de revanche contre les Tonga ?

C’est compliqué parce que ce n’est pas du tout le même contexte. Sur les 30 joueurs retenus, il n’y a seulement que quatre ou cinq joueurs qui avaient joué contre les Tonga. Ce n’est pas la même compétition non plus, pas le même contexte. On est averti en tout cas et on ne peut pas passer à côté, ce serait une faute professionnelle.

Cette rencontre ne sent-elle pas le traquenard face aux Tonga, eux pour qui ce rendez-vous est le plus important de leur tournée ?

A nous de faire attention. Ca va être un match rugueux, avec beaucoup d’agressivité, d’impact physique. Ce sera la clé du match donc il faudra être à la hauteur.

Qu'est-ce que vous inspire le retour de Frédéric Michalak au sein du groupe ?

Il va nous apporter son expérience, son vécu. C’est une réponse peu originale mais c’est Michalak, quoi. Ce n’est pas un novice, il compte un certain nombre de sélections. C’est un mec à l’état d’esprit super en plus. Une vraie valeur ajoutée pour le groupe.

Le sélectionneur va sans doute être amené à effectuer un turn-over afin d'économiser les organismes...

Ce n’est pas un problème. On est 30 joueurs et on fonctionne depuis le premier stage comme un club. Je ne sais pas s’il y aura un turn-over. Quoi qu’il arrive, je sais que les 23 joueurs sur la feuille de match vont amener tout ce qu’ils peuvent et faire un gros match. Mais du moment où on a ce maillot sur le dos, on n’a jamais envie de souffler. 

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Propos recueillis par Laurent Depret