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Pomarel : « Les Kenyans sont favoris »

Fréderic Pomarel

Fréderic Pomarel - -

L’équipe de France affronte le Kenya en quart de finale de la Coupe du monde de rugby à 7, ce dimanche à Moscou (12h18). Une rencontre dont se méfie énormément l’entraîneur tricolore Fréderic Pomarel, échaudé par les quatre défaites en cinq rencontres subies par les Bleus cette saison face aux Kényans, qui ont mis les moyens sur cette discipline, à trois ans des JO de Rio.

Frédéric, vous aller affronter en quart de finale une équipe du Kenya qui a fait forte impression sur les matchs de poule…

C’est une équipe qui a fait une très belle saison. Ils terminent devant nous sur le circuit mondial et c’est mérité. C’est une équipe qui a des atouts et nous avons les nôtres. Ils sont peut être légèrement favoris au regard de la saison mais c’est un quart de finale de Coupe du monde et ils ont dû eux aussi laisser des plumes dans la bataille sur ces deux premiers jours. Et puis c’est un sport très particulier et, moralement, on un petit atout en magasin qui est sympa. Les Kenyans avaient pour habitude, sur leur premier match du troisième jour, même si ils ne font plus trop ce genre d’erreurs, d’être un peu endormis. Si on arrive à les prendre sur un petit coup d’esbroufe, on verra bien.

Comment explique-t-on la présence au plus haut niveau de cette équipe Kenyane, qui n’existe pas vraiment à XV ?

Ils ont misé sur le 7 il y a très longtemps. Ils se sont donné les moyens de travailler de manière efficace sur le rugby à 7, bien avant nous. Ils ont donc pris de l’avance. Ensuite, sur le plan physiologique, ce sont des garçons qui sont équipés pour ce jeu. Le 7 se joue dans le même espace, avec sept joueurs au lieu de quinze. C’est donc un problème de densité. Pour prendre une image, si tu fais une course dans Paris ou dans le désert, tu ne t’équiperas pas pareil et tu ne prendras pas la même bagnole. Les Kenyans savent naviguer dans le désert. Ils ont des grosses carrosseries, ils ont les pneus qu’il faut, ils savent tenir dans la durée, ils ont des gros réservoirs. Ils sont prêts, plus que nous, à défier tout ça. Ils avaient un problème de discipline et de concentration qu’ils ont réglé en faisant venir un coach anglais très rigoureux qui leur a appris ça. Leurs qualités, plus ces petits manques gommés, font d’eux d’eux une équipe très performante. Plus l’avance historique qu’ils ont prise sur nous, ceci explique cela. Ce qui est vrai pour les Kenyans le sera pour d’autres nations. Il n’y a pas de raisons que les Etats-Unis, le Canada, la Chine, le Japon et les grandes nations olympiques ne fassent pas pareil. S’ils veulent s’y filer… La hiérarchie du rugby à 7 sera sûrement valable sur la prochaine olympiade. Après, elle ne le sera plus. L’avance prise par les nations rugbystiques, dont nous faisons partie, fondra comme neige au soleil. On est tous sur la même ligne et ce sera aussi compliqué pour nous, pour le Kenya, l’Espagne, la Russie. Il faudra s’y habituer, c’est comme ça.

Vous êtes dans la partie de tableau où vous pouvez retrouver l’Australie ou l’Angleterre en demi-finale. Etes-vous content d’éviter la partie de tableau avec la Nouvelle-Zélande ?

Oui c’est vrai qu’on a un tableau a priori favorable, moins dense. Mais les Anglais ont retrouvé leurs qualités avec Norton, qui fait ce qu’il veut en bout de ligne. On a toujours eu des difficultés contre eux en l’air et je sais que c’est une clef pour nous. Mais je suis content d’éviter les Blacks parce que, psychologiquement, on a un petit décalage par rapport à eux. On a toujours perdu contre eux depuis très longtemps et je sais qu’ils sont toujours au rendez-vous sur les grands évènements. Ils seront présents. On a essayé énormément de trucs contre eux, même des options un peu loufoques sur certains tournois. Aujourd’hui, de les éviter ça me va bien et ça va bien aux joueurs je pense. Mais bon, les retrouver au bout on prendra !

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Propos recueillis par Julien Richard