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Que vaut ce XV de France ?

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

Marc Lièvremont a convoqué 30 joueurs pour disputer le Tournoi des VI Nations (du 4 février au 19 mars). La plupart d’entre eux sera présent en septembre lors de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. Avec quels espoirs ? Philippe Saint-André, Vincent Moscato et Richard Pool-Jones apportent un début de réponse.

Marc Lièvremont a tranché. Même s’il n’a pas encore livré sa liste officielle pour la Coupe du monde, le sélectionneur du XV de France a dévoilé son plan de bataille mercredi dernier. La majorité des 30 joueurs convoqués pour disputer le Tournoi des VI Nations (du 4 février au 19 mars) sera en Nouvelle-Zélande en septembre. « A 95%, ce sont les joueurs qui iront à la Coupe du monde, confirme Philippe Saint-André. Après, il peut toujours y avoir des blessés ou des joueurs qui explosent en fin de saison. Il y a toujours une ou deux surprises. Mais on a le squelette de l’équipe. » Un squelette plutôt cohérent dans l’ensemble. « La seule surprise, c’est l’absence de Malzieu et la présence d’Huget, le jeune ailier de Bayonne », glisse Saint-André. « Moi, j’aurais pris Picamoles et Bastareaud », complète Vincent Moscato.

A part ces quelques ajustements, le groupe concocté par le staff des Bleus tient la route. « Il y a peu de débats. Ça veut dire que, grosso modo, les meilleurs sont là », remarque Richard Pool-Jones. Suffisant pour remporter un nouveau Grand Chelem ? « C’est difficile à dire car là c’est un groupe de 30 joueurs, analyse Saint-André. Ça va dépendre de la forme et du jeu que Lièvremont veut mettre en place. Il faudra aussi voir l’état d’esprit des joueurs. Il y avait une ambiance incroyable l’an passé lors du Tournoi des VI Nations. Espérons qu’elle ne se soit pas détériorée après le faux-pas contre l’Australie (16-59 en novembre).» Pour briller à nouveau cette saison, les Bleus tenteront de jouer sur leurs points forts. Histoire de préparer au mieux le Mondial néo-zélandais et l’affrontement avec les membres du Tri-Nations (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud).

Moscato : « Soit tu as Zidane, soit tu ne l’as pas »

« On peut faire confiance à notre paquet d’avants, estime Moscato. On a un cinq de devant costaud. Il peut mettre à mal n’importe quel paquet d’avants. Avec Dusautoir, Harinordoquy, ça sera un plus. Après, derrière, on a moins de joueurs qui peuvent faire la différence. C’est là que le bât blesse. C’est une question de génération. Soit tu as Zidane, soit tu ne l’as pas. C’est pareil dans tous les sports. » Un constat partagé par Richard Pool Jones. « Il y a encore un écart avec les nations du sud », assure l’ancien 3e ligne du Stade Français.

Mais, d’après Saint-André, l’écart peut se réduire dans les prochains mois. « On aura pratiquement quatre mois de préparation cet été avant la Coupe du monde, explique le directeur sportif du RC Toulon. On en profitera pour rattraper notre retard physique par rapport aux pays de l’hémisphère sud qui ont beaucoup plus de rendez-vous dans l’année. L’équipe de France peut faire quelque chose au Mondial. Mais elle a besoin de retrouver de la confiance. » Vincent Moscato est moins catégorique. « La Coupe du monde, ça sera compliqué, craint l’ancien talonneur de Bègles-Bordeaux. Parce qu’on s’aperçoit que pour gagner un Mondial, il faut les meilleurs du monde à certains postes. Notamment en n°9 et en n°10. Est-ce qu’on les a ? Je n’en ai pas l’impression. » Premier élément de réponse le 5 février contre l’Ecosse au Stade de France.

Alexandre Jaquin avec Guillaume Palacios