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Rififi au pays des kiwis

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Depuis le début de leur tournée en Nouvelle-Zélande, les Bleus sont la cible de l’hostilité du public néo-zélandais. Plutôt inquiétant à deux ans de la Coupe du Monde…

« Il ne faut pas généraliser des comportements isolés, mais on peut quand même s’interroger sur un sentiment anti-français en Nouvelle-Zélande. » Max Guazzini, le président du Stade Français, résume une sensation générale. Dans la nuit de samedi, son jeune centre Mathieu Bastareaud a été passé à tabac en sortant du taxi qui le ramenait à l’hôtel du XV de France pour avoir répondu à des insultes. Le visage tuméfié, l'œil droit presque fermé, la pommette droite barrée par une cicatrice, boitant et se déplaçant lentement, il a été rapatrié en France lundi. Cet incident est à l’image de l’atmosphère qui enveloppe le début de tournée estivale des Bleus. Depuis leur arrivée au pays des All Blacks, les Tricolores n’ont cessé d’être confrontés à l’hostilité locale.

Lors du premier match à Dunedin la semaine passée, ils ont reçu une véritable bronca durant leur échauffement. Chacune de leur tentative de transformation a ensuite été copieusement sifflée. Lors du traditionnel tour d’honneur en fin de match, une pluie de bouteilles et de gobelets de bière pleins s’est carrément abattue sur les hommes de Marc Lièvremont. « Il va y avoir la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande en 2011 et si les joueurs doivent avoir des gardes du corps, c'est quand même très étonnant. Cela pose un problème pour la sécurité des joueurs », s’inquiète Guazzini. Ces actes d’animosité, même s’ils restent le fait d’une minorité, reflètent la situation d’un pays frappé de plein fouet par la crise économique, véritable amplificateur des violences sociales. Ajouter à cela une alcoolisation généralisée les week-ends et les injures se changent en pugilat. Il semble loin le temps où le public néozélandais chantait « Ce n’est qu’un au revoir » en direction des ses adversaires…

Alexandre Jaquin avec Laurent Depret, en Nouvelle-Zélande