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Saint-André ne baisse pas les armes

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Au lendemain de la défaite face en Angleterre (23-13), Philippe Saint-André a effectué son rituel debriefing d’après-match. Touché mais loin d’être coulé, le sélectionneur du XV de France garde le cap.

Traits tirés, un brin nerveux. C'est un Philippe Saint-André visiblement marqué par la défaite de la veille et une nuit que l’on imagine perturbée, qui a effectué à l'hôtel Richmond Hill de Londres son debriefing de la défaite du XV de France contre l'Angleterre (23-13). Des constats, plus que des analyses. Pas de statistiques, mais quelques messages.

En vrac : les Bleus ne tiennent pas plus de 60 minutes et commencent ensuite à déjouer. Voire à couler à pic. « On a fait trop d’erreurs, admet PSA. Comme contre l’Italie, les 20 dernières minutes, contre le pays de Galles aussi. On est en difficulté, on manque de carburant, de justesse. Donc on perd le fil. On est dans la compétition, il faut que l’on trouve des solutions. On ne peut pas faire 60 minutes sur 80 pour aller gagner en Irlande. Après la fin du tournoi, on fera un vrai bilan de la compétition et du rugby français. »

A la recherche du successeur de Traille

Peu après, l’ancien capitaine des Bleus a admis que le réservoir aux postes de n°10, 12 et 15 n'est pas assez large. Et de de stigmatiser le leadership des étrangers à ces postes clés, à l’image de Wilkinson et McAlister, Delany et Sexton qui devraient arriver la saison prochaine dans le Top 14. « Actuellement, on cherche des joueurs au profil de Damien Traille, qui peuvent jouer 10, 12, 15 et qui ont un jeu au pied de 70 mètres, confie PSA. On les cherche mais actuellement, où sont-ils ? Jonny Wilkinson, on ne peut pas le prendre. McAlister, on ne peut pas le prendre. Sexton au Racing l’année prochaine, on ne pourra pas le prendre. Donc il faut que l’on trouve des mecs mais… Si vous avez de bonnes, donnez-les moi ».

Enfin, Saint-André a confié que l'état d'esprit et les engagements individuels et collectifs ne seraient pas remis en cause. Michalak, par exemple, sera reconduit dans le groupe des 23. En revanche, le boss des Bleus en a profité pour (re)faire le procès du système instauré pour la mise à disposition des internationaux...

« Actuellement, on ne tue personne… »

Homme de convictions, Saint-André a réaffirmé sa volonté de continuer dans ses fonctions. Même si sa mission s’annonce périlleuse. « Quand j’ai pris le job, on savait qu’il y avait une grande génération de joueurs qui s’arrêtait, explique-t-il. Cela allait passer par des moments difficiles et on est dans ces moments difficiles. Je l’assume et je vais l’assumer. Mais on va bosser, on va continuer. Dans le très haut niveau, il faut être compétiteur. Quand la bête est blessée, il faut savoir la tuer. Actuellement, on ne tue personne… »

P.T. et L.D. à Londres