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Saint-André : « Opérationnel en 2015 »

Philippe Saint-André

Philippe Saint-André - -

EXCLU RMC SPORT. Dans le Moscato Show lundi sur RMC, le sélectionneur du XV de France est revenu sur le Tournoi des VI Nations et sur les perspectives de ses Bleus. Malgré les difficultés, Philippe Saint-André croit au potentiel d’un groupe en devenir.

Philippe, le bilan du Tournoi est-il catastrophique ?

C’est un très mauvais bilan, quand on finit dernier. Heureusement qu’il n’y a pas de descente… Ce VI Nations se joue à pas grand-chose. Les Gallois nous battent après huit défaites et ils remportent ce Tournoi. C’est une compétition très ouverte. L’Ecosse et l’Italie travaillent. Il n’y a plus de mauvaise équipe.

Avez-vous pensé à démissionner ?

Ah non, jamais ! Le rugby est un sport de haut niveau. Plus c’est difficile, plus c’est bon. On a une équipe jeune pour être prêt pour 2015. Nos quatre ans vont être notés lors de la Coupe du monde. Notre groupe sera opérationnel en 2015. Là, on prend des coups. On l’accepte. On sent quand même que des joueurs s’affirment, avec de nouveaux leaders. Et on a Thierry Dusautoir qui est en train de revenir et qui a fait un très bon tournoi.

Quelle a été la critique la plus blessante ?

Quand tu finis 6e du VI Nations, tu dois accepter les critiques. Quand les critiques sont fondées, tu comprends. Il y a des gens qui ont parlé alors qu’ils n’acceptaient pas les critiques quand ils étaient dans cette position. (Bernard Laporte ?) Non, je pense à des personnes qui savent que c’est compliqué, que ça tient à pas grand-chose… Revenir avec un nul d’Irlande, gagner à la fin contre l’Ecosse, va nous faire gagner en maturité. 

La France peut-elle gagner la Coupe du monde ?

Oui bien sûr, quand on voit des joueurs comme Picamoles ou d’autres à gros potentiel comme Bastareaud, Vahaamahina. On a trois talonneurs qui se sont affirmés. Michalak a assumé dans des moments difficiles. Samedi, il fait 100% au pied et une bonne deuxième mi-temps. On a des jeunes demis comme Machenaud de grande qualité… Ce groupe s’étoffe. En novembre, on a gagné des matches mais le dernier contre les Samoa a été très difficile. La confiance est importante. On n’a pas été bons sur les turnovers, les rucks, les nettoyages. Et là-dessus, on prend nos responsabilités.

Qui est votre capitaine ?

On a deux grands leaders. Dusautoir est revenu en tant que joueur et capitaine d’un groupe qu’il ne connaissait pas puisqu’il n’était pas en Argentine ni de la tournée en novembre. Thierry est le capitaine actuellement. On va espérer retrouver Pascal Papé sur les terrains.

Frédéric Michalak restera-t-il votre ouvreur n°1 ?

Frédéric est n°1 depuis le mois de juin. Il a attaqué huit matches en titulaire pour cinq victoires. Il a beaucoup joué, il a enchainé avec l’Afrique du Sud, le RCT et l’équipe de France. En Nouvelle-Zélande, on va partir avec 35 joueurs, on a trois test-matchs et un match avec une province. Les finalistes (en Top 14) resteront en France et nous rejoindront ensuite. Mais s’il y a un poste qui est le garant du jeu, c’est le demi d’ouverture et il faut lui faire confiance. On fait confiance à Fred mais on va ouvrir le groupe à d’autres. Et ensuite la réalité du jeu s’imposera.