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Simon : « McCaw qui prend une année sabbatique, c’est ahurissant »

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Le test-match entre les Bleus et les All Blacks ce samedi (21h) est une occasion de plus pour pointer du doigt la gestion du rugby français par rapport aux Néo-Zélandais. Un rugby français qui doit être repensé selon Serge Simon.

Plus de matchs, des cadences infernales et une éternelle guerre entre les clubs et la Fédération. Si le Top 14 se veut être le championnat le plus attractif du monde, les maux qui empêchent les Bleus d’être au top sont nombreux. A l’inverse, la Nouvelle-Zélande privilégie son équipe nationale avec un certain confort dans le calendrier et des joueurs payés par la Fédération. Pour notre membre de la Dream Team RMC Sport et pilier des Grandes Gueules du Sport, la France devrait s’inspirer du modèle néo-zélandais pour prétendre à concurrencer les Blacks.

« Les Néo-Zélandais n’ont pas un championnat comme le nôtre, ils n’ont pas sa difficulté, explique Serge Simon. C’est-à-dire une compétition formidable que tout le monde nous envie, avec du marketing, du spectacle, etc. Le problème, c’est que nos joueurs sont ‘‘bouffés’’, consommés et consumés par ce Top 14. Les Néo-Zélandais, eux, ne sont pas payés par leurs clubs donc ils n’ont pas de comptes à rendre. C’est la Fédération qui les finance, les internationaux sont salariés de la Fédération. Les joueurs font une petite vingtaine de match par an, ils sont dans un cocon. Pour nous, Français, il y a un évènement qui peut paraitre tout simplement ahurissant. C’est quand Richie McCaw annonce qu’il va prendre une année sabbatique pour préparer le Mondial 2015. Si un joueur Français s’arrêtait un an pour préparer la Coupe du monde, il ne la verrait pas de très près, la coupe…

« Un Néo-Zélandais dispute en deux saisons ce que fait un Français en un an »

On ne peut pas calquer un modèle sur un autre. Nous, on rêverait surtout que les joueurs jouent beaucoup moins car ils sont rincés par le championnat. Donc il faudrait un système qui protège ces joueurs internationaux qui sont finalement des cumulards. Entre Top 14 et matchs avec la sélection, ils font environ 30, 40 matchs pas an. C’est-à-dire qu’un joueur NZ dispute en deux saisons ce que fait un Français en un an. Imaginez l’usure ! Jouer peu, c’est une chance pour les Néo-Zélandais. Mais on ne peut pas renoncer à la culture française qui est une culture de club.

Selon moi, on peut essayer de mettre en place une forme de protection des joueurs internationaux. C’est-à-dire que l’objectif, ce serait l’équipe nationale. Le problème, c’est que les clubs vont demander un dédommagement donc ça demande un investissement de la Fédération, donc de l’Etat, mais qui est tout à fait possible. Les modalités sont à dessiner, mais l’idée est là : évidemment, les clubs ne doivent pas être perdants. Donc on pourrait s’inspirer du modèle anglais, dont on peut approprier son renouveau à deux décisions. D’une part, il faut protéger les filières de formation, faire jouer les Français. D’autre part, arriver à mettre en place un dispositif qui protège les joueurs internationaux, avec un gros dédommagement pour les clubs. L’idée étant de dire : ‘‘si on vous prend vos joueurs, on vous paye’’. »

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