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Huget, la rage du bizut

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A 23 ans, le solide ailier de l’Aviron Bayonnais va faire ses grands débuts internationaux samedi (20h45), à Montpellier, face à l’Argentine pour le deuxième test-match du XV de France. Portrait d’un garçon comblé.

« Certains pensent tous les jours à la Coupe du monde. Moi je pense tous les jours à l’Argentine. » A 23 ans, Yoann Huget s’apprête à vivre l’un des moments les plus forts de sa jeune carrière. Samedi (20h45) sur la pelouse de la Mosson à Montpellier, l’ailier bayonnais revêtira pour la première fois le maillot du XV de France. Le coq, « La Marseillaise », autant de symboles forts dont il ne veut pourtant pas se faire une montagne. « Je ne vais pas dire que je n’aurai pas d’émotion durant l’hymne national. Oui je vais chanter « La Marseillaise » mais je serai déjà dans mon match, prévient-il. J’ai vraiment envie de réussir cette première sélection. » Dans la droite lignée de son début de saison au Pays Basque où il a posé ses valises cet été.
Passé par le Stade Toulousain puis Agen en Pro D2, le robuste ailier (1,90m, 95kg) a déjà inscrit cinq essais cette saison. Si son ascension est fulgurante, il ne s’agit pour lui que d’une étape : « J’ai envie d’aller plus loin », assure-t-il. Monstre physique, Yoann Huget puise sa force mentale auprès de son entourage : « Mon beau-père m’appelle toujours les rencontres. C’est notre rituel, raconte-t-il. Ma mère, elle, tient un pub brésilien qui se transforme en pub rugby le temps des matches, sourit-il. Quand je joue, elle est à fond derrière moi. Ça m’aide à être meilleur. Je sais que ma famille me regarde et je ne veux pas la décevoir. »

Pub brésilien et pumas argentins

Samedi, face aux Pumas, le jeune bizut pourra s’appuyer sur des joueurs expérimentés pour réussir ses grands débuts internationaux : « Aux côtés de Yannick (Jauzion), d’Aurélien (Rougerie) et de Damien Traille, je peux être rassuré, je serai bien entouré. » Huget sait aussi que sa prestation sera disséquée par Marc Lièvremont, le sélectionneur des Bleus. S’il refuse de se mettre la pression, l’intéressé sait qu’il a une grosse carte à jouer à moins d’un an de la Coupe du monde. « Y penser serait prétentieux et ce n’est pas du tout l’image que j’ai envie de donner, affirme-t-il. J’ai surtout envie de saisir ma chance. Je fais partie des joueurs qui n’ont rien à perdre. » Et donc tout à gagner.