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Top 14 - Bouscatel candidat à sa succession

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Le président du Stade Toulousain, en place depuis 24 ans, veut continuer à la tête du club rouge et noir. Alors que son mandat se termine en juin 2017 et qu’il semblait sur le départ, il estime toujours être l’homme de la situation.

En avril dernier, le Conseil de Surveillance du Stade Toulousain avait mis le président du club René Bouscatel devant ses responsabilités : son mandat se terminant en juin 2017, il lui demandait de réfléchir à sa succession et d’accompagner un éventuel candidat. On évoquait alors deux profils pour le poste : Hervé Lecomte, l’actuel président du Conseil de Surveillance et favori de cette instance, ou Fabien Pelous, le directeur sportif et homme mis en avant par Bouscatel lui-même. Une longue campagne de tractations en coulisses pouvait alors commencer, comme le club Haut-Garonnais en avait déjà connu auparavant.

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Le mois dernier il déclarait au journal Midi Olympique qu’il ne redemanderait pas de nouveau mandat. Mais dans un entretien donné à RMC Sport au moment de la présentation de son équipe professionnelle aux sponsors et abonnés, René Bouscatel a finalement fait acte de candidature : « oui, aujourd’hui j’ai envie de continuer. D’abord parce que j’ai toujours la même motivation. Parce que je considère, peut-être à tort, que je peux apporter à mon club, dans la continuité de ce que j’ai apporté. Il faudra prévoir ma succession, car personne n’est éternel même si je dois être le doyen de la première division, en ayant été toutes ces années en première division. Et je ne parle pas des résultats, je ne parle que de la durée. Mais je me suis fixé deux ans de plus que l’actuelle saison ».

« Je suis en pleine forme »

On imagine alors les luttes d’influence en interne qu’une telle décision va engendrer. D’ailleurs, le prochain Conseil de Surveillance du club prévu le 14 septembre a été reporté. Si au printemps dernier, le Conseil de Surveillance lui a demandé de présenter un successeur, ce n’était pas pour valider une prolongation de deux saisons d’un règne qui rentre dans sa 25e année. Mais Bouscatel, en fin politicien qu’il est, balaye ces hypothèses. « Il n’y aura aucune tractation. Le club décidera. Je donnerai mon avis. Le club choisira ». Avant d’ajouter, presque sibyllin : « Il y a des personnes avec qui je pourrai travailler. Il y a des personnes avec qui je ne pourrai pas travailler. C’est tout. »

Ancien avocat, ancien adjoint à la mairie de Toulouse, ancien membre du comité directeur de la Ligue Nationale de Rugby dont il a démissionné, à 70 ans, René Bouscatel n’est pas encore prêt à recevoir le titre d’ancien président du Stade Toulousain. « Je suis en pleine forme. Je suis plein de combativité, plein d’idées. J’ai toujours la même envie de donner à mon club et de recevoir de lui. Mais peut-être que ce ne sera pas le cas à la fin de la saison et peut-être que d’autres le penseront également. Mais je n’en suis pas sûr… » 

« Notre club est très particulier »

Et quand on lui parle des récents remous vécus dans le club, lors de la dernière année du manager Guy Novès, il tranche immédiatement. « C’est la vie d’un club. Je souhaite à tous les clubs d’avoir les mêmes problèmes que les nôtres. En vingt-quatre ans, onze finales de championnat, neuf titres. Trois titres de Du Manoir. Six finales de Coupe d’Europe, quatre titres. Que tout le monde ait les mêmes problèmes, il y aura engorgement en haut du tableau ». Un bilan qu’il va ériger comme future campagne présidentielle ? Il réfute.

« Non je pense à ce qui doit se passer après. C’est une transition. Je ne suis pas éternel. C’est d’une logique implacable. Tôt ou tard je serai remplacé mais je souhaite participer au choix de mon successeur et l’accompagner. Parce que notre club est un club très particulier. Il n’appartient à personne. Ce n’est pas un milliardaire qui met en place une équipe comme il met en place dans une entreprise. Ce n’est pas une entreprise qui délègue des cadres pour diriger le club dans l’état d’esprit de l’entreprise. Ici, c’est un mode de fonctionnement particulier. La légitimité s’acquiert par le travail, la compétence et les résultats ». Une pierre dans le jardin des Lorenzetti, Boudjellal, Altrad ou De Cromières… tout en sachant que le dernier titre du Stade Toulousain remonte à 2012.

Wilfried Templier