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Afflelou : «Elissalde ne voyait pas comment s’en sortir»

Alain Afflelou

Alain Afflelou - -

L'aviron Bayonnais a tourné la page Jean-Pierre Elissalde, remercié ce week-end. Alors que le club basque occupe la 13e place du Top 14, son président fait le point sur la situation difficile du club et sur l’intronisation de Denis Avril et de Didier Faugeron.

Alain Afflelou, pourquoi vous séparer de Jean-Pierre Elissalde ?

Il y a un mois et demi, quand nous sommes allés le chercher, on voulait quelqu’un qui redonne de la solidarité au groupe, qui le remobilise. Il s’avère que le constat réciproque est que la greffe n’a pas pris. Il dit que le groupe n’est pas à la hauteur. Qu’on a trop de problèmes dans le groupe, qu’il n’imagine pas du tout s’en sortir et qu’il s’agit d’une mission impossible. Je pense l’inverse. Nous pensons qu’un entraîneur ne doit pas être un procureur, mais un avocat.

C'est-à-dire ?

Il doit aimer ses clients, en l’occurrence, le club et les joueurs. Il ne doit pas se gêner pour leur dire leurs quatre vérités, mais en tête à tête. Il ne doit pas passer son temps à dénigrer l’environnement et le club. Il n’y avait pas d’atome possible. Plutôt que de continuer et d’aller vers quelque chose de beaucoup plus grave de la part des joueurs et de l’encadrement, on a décidé de se dire qu’il s’agissait d’une erreur. Lui-même m’a dit qu’il ne voyait pas d’issue, que le choc psychologique n’avait pas eu lieu et qu’il ne voyait pas comment il pouvait s’en sortir. On pense qu’on peut s’en sortir.

Avec qui ?

On a gardé Didier Faugeron et nous avons pris une solution interne. On a un garçon qui a seize ans de Top 14 derrière lui et qui était très bien dans le vestiaire, c’est Denis Avril. On ressoude le groupe, on redemande de la solidarité à chacun. J’ai demandé au capitaine et aux entraîneurs de s’occuper de l’Aviron, de penser rugby, de bouffer du rugby et surtout de penser à l’Aviron et non plus à leurs problèmes personnels.

Le sauvetage de l’Aviron passe-t-il par cette prise de conscience du groupe ?

Oui et de chacun dans le groupe. Ce n’est pas le groupe qui doit réagir.

« A l’entrainement ce lundi, on voyait déjà des sourires »

Est-ce aussi pour cela que vous avez privilégié la solution interne ?

Des noms circulent toujours dans ces circonstances. Le seul qui a le pouvoir de décider, c’est le président. Je m’appuie sur un conseil d’administration. J’ai passé mon temps avec lui hier et notre décision est unanime. Je crois que ce matin (ndlr : lundi) à l’entraînement, on voyait déjà des sourires.

N’avez-vous pas peur qu’avec tous ces changements, Bayonne devienne la cible de moqueries ?

Ça me rend triste pour le club et son image. Mais je pense que ce n’est pas vrai. On essaye de trouver les meilleures solutions. On arrive d’une situation antérieure, dont nous avons hérité. Je ne dis pas que c’est la faute des autres, mais nous avons eu beaucoup de choses à gérer. J’en parlerai au mois de juillet. Et puis c’est le rôle des dirigeants de changer pour que les choses aillent mieux.

Vous évoquez le mois de juillet…

(Il coupe). Je laisse passer la saison. Je m’exprimerai tranquillement au mois de juillet.

Le titre de l'encadré ici

Un club qui navigue à vue|||

L'Aviron Bayonnais (13e du Top 14) rame-t-il à sa perte ? Il n'avance pas ; pire, il recule. Dernier avatar, le « remerciement » ce dimanche de Jean-Pierre Elissalde lui-même nommé après le limogeage de Christian Gajan et Thomas Lièvremont il y a un peu plus d’un mois. Didier Faugeron - appelé aux côtés d’Elissalde - doit relancer la machine alors que Bayonne se retrouve relégable. Il est le troisième manager de la saison pour le troisième président en aussi peu de temps après Francis Salagoïty, l’éphémère Michel Cacouault et donc Alain Afflelou. Comme l’a confirmé à RMC Sport l’homme fort de l’Aviron Bayonnais juste avant l’officialisation de la nouvelle, c’est Denis Avril (39 ans) qui s’occupera des avants. « Ça a été une décision très compliquée à prendre, glisse le désormais ex-pilier du club. Quand vous êtes joueur et que, du jour au lendemain, on vous propose une place d’entraîneur, c’est difficile surtout lorsque vous vivez au sein d’un groupe que vous adorez. A un moment, vous vous dites "c’est la fin de ma carrière". Le coup de téléphone d’hier soir (dimanche) m’a compliqué les choses. Mais la décision a été vite prise. Quand vous êtes en fin de carrière, il faut tourner la page. » L.D., O.S.