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Bayonne-Biarritz : l’Europe à la sauce basque ?

Alain Afflelou

Alain Afflelou - -

Bayonne et Biarritz envisagent de mutualiser leurs forces pour aligner une seule équipe en Coupe d’Europe. Le projet, qui pourrait s’accélérer dans les prochains mois, divise les supporters basques et pose quelques problèmes à la LNR.

C’est un serpent de mer qui agite régulièrement le Pays Basque. Certains en rêvent à demi-mots. D’autres y voient un sacrilège. Mais l’idée d’unir l’Aviron Bayonnais et le Biarritz Olympique, les deux plus grands clubs de rugby de la région, ne laisse personne indifférent. Favorable à un rapprochement des frères ennemis, Alain Afflelou refuse pourtant de parler de fusion. « Le mot n’est pas approprié, assure le président de Bayonne. Nous sommes contre un tel projet. Il n’y aura jamais un seul club. Il y aura toujours deux équipes, c’est ce qui nourrit le rugby sur la côte basque. » Une position claire et tranchée. Pour le Top 14, en tout cas. Mais pas forcément pour la Coupe d’Europe...

La perspective d’aligner une équipe régionale hors des frontières ne laisse pas Afflelou insensible. L’homme d’affaires de 65 ans y voit un moyen de mutualiser les ressources financières et matérielles des deux clubs voisins. Et pourquoi pas en partageant le même stade ? « Nous nous sommes interrogés pour faire une équipe ensemble, un peu comme les provinces d’Irlande, reconnait l’opticien. Notre stade est un peu vétuste et le leur est insuffisant. Ce n’est donc pas stupide d’imaginer qu’on ait un seul stade dans lequel, quand une équipe joue à domicile, l’autre est à l’extérieur. Avec cette équipe de Coupe d’Europe, on réaliserait des économies d’échelle. Cette équipe aurait le mérite de représenter le rugby basque et toute la côte. » Une côte assez divisée sur le sujet.

Affelou : « Je vais rencontrer Serge Blanco »

« Beaucoup de supporters de Biarritz ne supportent par Bayonne, et inversement, glisse Franck, un fan du BO. Mais en tant qu’amateur de rugby, je pense qu’une équipe forte pourrait nous permettre de rivaliser avec les meilleures formations européennes. Maintenant, si on fait un grand stade, il faudra le remplir et je ne suis pas sûr que les deux clubs en soient capables ». Un scepticisme partagé par Benoît : « C’est une absurdité ! Avec le pôle économique et le bassin de population qu’on a sur la région, on est largement capable de maintenir un club à Biarritz et un à Bayonne ». Pour l’instant, le projet est encore balbutiant. Paul Goze, le président de la Ligue nationale de rugby, évoque « le début d’une hypothèse de travail pour jeter les bases d’une réflexion ».

Le commencement du commencement, en somme. Car un tel rapprochement bouleverserait la donne et poserait quelques problèmes d’éthique au sein du Top 14. « Ce serait une remise en cause fondamentale qui nécessiterait une refonte des règlements de la LNR », estime Goze. Un casse-tête dont n’entend pas se préoccuper Pierre Camou. Le patron de la Fédération française de rugby assure que l’affaire n’est pas de son ressort. En attendant, Affelou s’est envolé ce jeudi pour des vacances au soleil. Avec la ferme intention d’accélérer le dossier dès son retour. « On a lancé les idées, on est d’accord pour aller plus loin avec Biarritz, résume-t-il. Je descends bientôt sur la côte basque et je vais rencontrer Serge Blanco (le président du BO, ndlr). Je pense qu’on n’aura pas de problème pour trouver un accord… »

Alexandre Jaquin avec L.D et P.L.