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Bayonne : En larmes et sous pression, le président enterre le projet

Manu Mérin, président de l'Aviron Bayonnais

Manu Mérin, président de l'Aviron Bayonnais - AFP

La fusion entre l’Aviron Bayonnais et le Biarritz Olympique n’aura pas lieu cette année. Le projet, qui semblait en passe d’aboutir ces derniers jours, a été enterré ce lundi par Manu Mérin, le président bayonnais, victime de multiples pressions.

À une journée de la fin du championnat, Bayonne est relégable. Pourtant, ce n’est pas une crise sportive qui frappe l’Aviron depuis une semaine mais une crise identitaire. Toute la semaine, les dirigeants des deux clubs basques, Bayonne et Biarritz, ont discuté d’un projet de fusion pour permettre au rugby local de retrouver ses lettres de noblesse. Mais la rivalité entre les deux clubs était trop forte…

Plus forte que le projet défendu par le président bayonnais Manu Mérin, qui a dû faire face à l’opposition farouche de la mairie et des supporters. « Je suis contre toute idée de perte d’identité et la fusion en serait une donc ma position est on ne peut plus claire », lâchait le maire Jean-René Etchegaray en pleine polémique la semaine dernière.

« J’ai eu peur pour ma famille »

Les critiques, le président de l’Aviron Bayonnais, les a entendues. Les supporters, Manu Mérin les a reçus. Mais les pressions ont continué et ont fini par faire céder celui qui dirige le club basque depuis un peu plus d’un an. « Devant tant de violence, pour protéger ma famille, les salariés, j'ai décidé d'arrêter les discussions. Il m'a semblé judicieux d'avoir une réflexion avec Biarritz. Aujourd'hui, je préfère qu'on arrête devant le tapage », a-t-il expliqué ce lundi matin en conférence de presse, au bord des larmes. Je confirme: il y aura deux entités professionnelles au Pays Basque l’an prochain. J’ai eu peur pour ma famille. Vous comprenez ça, que je puise avoir peur pour ma famille ? »

Preuve du climat délétère qui règne à Bayonne depuis plusieurs jours, le groupe de Patricio Noriega a décidé de mettre les voiles sur Capbreton, pour un stage commando de trois jours avant un match décisif pour le maintien, samedi contre La Rochelle. « On va s'isoler avec les joueurs. Et ne venez pas nous faire chier là-bas ! », tonne Mérin, à bout de nerfs.

Plus aucun club basque en Top 14 la saison prochaine ?

En cas de défaite sur sa pelouse, l’Aviron rejoindrait son rival du Biarritz Olympique en Pro D2. Il en serait alors fini du rugby basque en Top 14, comme le craint depuis plusieurs années le porte-drapeau local, Imanol Harinordoquy. « En 2009, à Biarritz, on commençait à être en milieu de tableau et je m’inquiétais déjà de l’avenir du rugby au Pays Basque, en tous cas au haut niveau. A l’époque, Bayonne avait déjà des difficultés et jouait le maintien. Aujourd’hui, Biarritz est descendu et Bayonne joue toujours le maintien. En tant que sportif, en ayant envie de voir le rugby basque au plus haut niveau, je pense que l’avenir de ce rugby se fera en alliant les forces des uns et des autres. »

R.F (avec M.R et W.T)