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Bayonne se fait plus discret

Alain Afflelou

Alain Afflelou - -

Miraculé du Top 14 la saison dernière, l’Aviron bayonnais comptera sur son nouveau duo d’entraineurs Christian Lanta et Christophe Deylaud pour jouer les trouble-fêtes en championnat. Premiers éléments de réponse contre Clermont samedi.

En guise de dernière répétition avant de défier le géant auvergnat samedi, Bayonne avait décidé de s’envoyer les vice-champions irlandais de l’Ulster à Jean-Dauger jeudi dernier. Malgré la défaite (15-20), l’esprit de corps et la rudesse au combat des Basques auront rassuré Christian Lanta, nouvel entraineur des Ciel et Blanc avec son compère Christophe Deylaud. Car face à Clermont, il ne faudra pas perdre de temps. « C’est un début de Tour de France et personne ne veut prendre de bordure, a ainsi prévenu Lanta. Tous les clubs vont être au rendez-vous dès le premier match. »

Deylaud-Lanta, le tandem a officié avec succès à Agen lors des quatre dernières saisons. Le boss bayonnais Alain Afflelou, lassé de techniciens jugés trop tendres pour conduire un groupe à fort tempérament, les voulait absolument. L’attelage, associé au directeur général du club Stéphane Pouget, en charge des dossiers administratifs, va lui permettre de prendre de la distance avec le club. Une nécessité pour Alain Afflelou qui s’apprête à enfiler prioritairement sa casquette de chef d’entreprise dans les prochains mois. Le groupe du lunetier traverse en effet une passe difficile. 

Inspirer la crainte

L’objectif bayonnais sera d’abord d’inoculer à nouveau la crainte dans le regard des adversaires. « Il faut qu’on soit craints, que nos adversaires se disent jouer Bayonne, ce n’est pas facile », lance Christian Lanta. « L’an dernier, sur les fiches de match, les gens faisaient des pronostics et disaient Lyon, d’accord. Bayonne, d’accord, ajoute Afflelou. Et c’est assez humiliant quand on a de l’ambition, un peu de fierté, de l’orgueil. On a envie de gagner. Et je en crois pas qu’il y ait beaucoup de clubs qui nous aient craints l’année dernière. »

A la limite de la suffisance l’année dernière à pareille époque, Bayonne a retenu les leçons du passé. « On était un peu ambitieux, prétentieux, se souvient Afflelou. Là, on n’est pas prétentieux. On ne pense pas être les meilleurs mais on a le droit d’avoir de l’ambition avec le budget et les moyens que nous nous donnons et d’être performants. » Avec un budget annoncé de 17,5 millions d’euros et un effectif truffé de noms ronflants (Philipps, Heymans, Rokocoko, Boyet), Bayonne, débarrassé du péché d’orgueil, pourrait en faire trembler plus d’un.

Sylvain Reignault avec Olivier Schwarz