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Berbizier a-t-il encore sa place au Racing ?

Pierre Berbizier

Pierre Berbizier - -

A l’écart de l’équipe première cette saison et sans aucun pouvoir sur le domaine sportif, Pierre Berbizier serait-il sur le départ ? Une rumeur persistante ne le voit pas poursuivre au Racing… qui réfléchit déjà à un nouveau fonctionnement. Avec ou sans lui.

« Tout est possible pour la saison prochaine, y compris un retour de Pierre sur le terrain… ou un départ du club. » Tout est dit ou presque dans la voix de Jacky Lorenzetti. Car rien ne garantit aujourd’hui au président du Racing-Métro que Pierre Berbizier, son actuel directeur général, poursuive l’aventure parisienne lors du prochain exercice. « Il est en CDI chez nous, je l’ai toujours soutenu, poursuit Lorenzetti. On essaye de trouver un mode de fonctionnement pour la saison prochaine… mais ce n’est pas simple. » La rumeur d’un départ de l’intéressé, qui n’est pas satisfait de son statut au club, se fait de plus en plus persistante. En coulisses, il se murmure même que l’aventure est terminée et que la suite pourrait s’inscrire sans lui. Une issue loin d’être choquante tant, ces derniers mois, Berbizier a vu son autorité dans le secteur sportif du Racing virer à la peau de chagrin.

Arrivé à Paris en 2007, l’ancien sélectionneur de l’Italie expédie le RM92 parmi l’élite deux ans plus tard. Avec lui, les Racingmen se qualifient trois fois sur trois parmi les six premiers du Top 14 (6e, puis 2e et 5e). Mieux, en octobre 2011, Berbizier voit son influence grandir au sein du club. Alors que Simon Mannix vient de prolonger d’une saison, il demande et obtient la tête du technicien néo-zélandais. Le Racing avancera que le message de Mannix ne passait plus auprès des joueurs et mettra en avant la défaite en H Cup contre Edimbourg. En réalité, Berbizier ne supportait plus la complicité entre les joueurs et leur entraîneur, et la mise à l’écart qui en découlait.

« Pas question de nous séparer de lui »

Mais la suite est moins rose. Un an plus tard, 32 joueurs demandent à Jacky Lorenzetti un changement dans le mode de fonctionnement de Pierre Berbizier, jugé trop directif et scolaire à leurs yeux. Cette fronde de l’effectif se conclut par le départ avant la fin de saison de Sébastien Chabal, mis hors-jeu sportivement après son attaque frontale contre son manager et grand perdant de l’ultimatum qu’il avait lancé à Lorenzetti : « C’est Berbizier ou moi ! » Si c’est son frère, Philippe, qui paie au prix fort cette mini-crise (limogeage), l’ancien demi de mêlée de l’équipe de France voit son pouvoir sportif rogné.

Didier Retière vient d’abord, du mois de mars jusqu’à la fin de la saison dernière, effectuer une pige auprès des avants. Puis Lorenzetti, obligé de monter au front les mois précédents, isole son homme de confiance. Il nomme, sans consulter Berbizier, Gonzalo Quesada entraîneur en chef avec Patricio Noriega (mêlée de l’Australie) et Simon Raiwalui (entraîneur des Espoirs fidjiens, tongiens, samoans et wallisiens) comme adjoints. Il informe ensuite, dès le mois d’octobre, qu’il ne prolongera pas Pascal Valentini (préparateur physique) et Simone Santa Maria (analyste vidéo), véritable relais d’information et de manœuvre de Berbizier depuis l’époque où ce dernier entraînait l’Italie. Conséquence : à ce jour, Pierre Berbizier est seul. De manager général, il est passé au statut de DG, sans aucun pouvoir sur l’équipe première. « Il n’est pas question de nous séparer de lui, nous réfléchissons à lui trouver un rôle bien défini », confiait Lorenzetti il y a deux mois. Et depuis, rien n’a changé pour Berbizier.

A.D avec L.D et P.D