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Berbizier : « Je dénonce cette hypocrisie ! »

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Quelques jours après la rupture de contrat entre Sébastien Chabal et le Racing Métro 92, le manageur du club francilien donne sa version des faits. Il reconnait des erreurs, tacle son ancien joueur, mais refuse d’endosser l’entière responsabilité de la situation.

Pierre Berbizier, avez-vous été blessé par les propos de Sébastien Chabal ?

Pour un entraîneur, c’est une situation difficile, voire une situation d’échec. C’est une remise en question de tout un fonctionnement qui est en place depuis cinq ans. Avec Jacky Lorenzetti, on a reconstruit. Et aujourd’hui, on se pose des questions. Cela a permis à cette même personne de se repositionner en équipe de France alors que plus personne n’en voulait. Je constate d’ailleurs que Marc Lièvremont ne l’a pas fait participer à la Coupe du monde. Il était nul apparemment. Moi, je suis incompétent. Philippe Saint-André ne l’a pourtant pas appelé alors qu’il rappelle Nallet qui a un an de plus. Ça ébranle un club qui se construit et qui avance dans une phase difficile.

Que s’est-il passé ?

Vous entendez qu’on joue pour le plaisir, mais quand on voit les sommes en jeu, sur le plan sportif, on est en droit d’alerter le président que la performance sportive sur les deux prochaines années n’était peut-être pas à la hauteur de l’investissement demandé par la partie d’en face. Le plaisir a un certain prix pour certains. Le deuxième ultimatum, c’était : lui ou moi. Il a fallu s’adapter à cette situation. Quand j’apprends que c’est un long supplice, il faut m’expliquer pourquoi on vit un long supplice et qu’on cherche à le vivre deux ans de plus. Je n’ai pas compris ! Je dénonce cette hypocrisie. La confiance se construit petit à petit et se détruit d’un seul coup.

Avez-vous le sentiment d’avoir commis des erreurs ?

Très certainement. J’ai l’impression que cette année, il n’y a jamais eu autant d’espaces ouverts à la communication et je ne suis pas présent dans tous ces espaces. Je m’aperçois que c’est un problème de communication. Je le prends en compte. J’en suis à une phase où j’interroge les joueurs. « La communication de Berbizier… » Ça fait 25 ans que j’entends ça ! C’est un argument depuis que je suis joueur. On le ressort à tous les coups. Je suis habitué à ce genre d’argument.

Avez-vous peur pour l’image du Racing ?

Je ne pense pas qu’il soit l’image du Racing. On a toujours dit que la véritable star, c’était le Racing. Le président le rappelle par sa prise de position. Le Racing a une culture bien avant nous. Nous voulons la respecter. La meilleure image du Racing, c’était quand Sébastien avançait sur le terrain.