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Biarritz-Bayonne: "Ça ne restera pas sans suite" prévient le préfet après le non-respect des règles sanitaires

Eric Spitz, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, a fait le point ce dimanche matin sur BFMTV et RMC après les débordements lors du derby basque Biarritz-Bayonne la veille. Il prévient que le BO sera sanctionné après le non-respect des règles sanitaires.

Eric Spitz, en tant que préfet des Pyrénées-Atlantiques, comment expliquez-vous ce qu’il s’est passé lors du derby basque entre Biarritz et Bayonne ce samedi, avec deux fois plus de spectateurs que prévu et le non-respect des règles sanitaires ?

Nous avions fait trois réunions pour fixer avec précision, à l’unité près, la jauge du stade. Il y avait à peu près 4.000 supporters biarrots qui étaient attendus, un peu moins de 1.000 supporters bayonnais. Nous avions été très clairs sur l’interdiction de vente d’alcool aux buvettes. Et c’est tout à fait à la maitrise du club. Les policiers sur place ont constaté que les gens se déplaçaient et consommaient aux buvettes. Donc non-respect de la jauger, non-contrôle du pass sanitaire pour les derniers milliers de spectateurs qui sont rentrés, envahissement du stade… Si je félicite de tout mon cœur les joueurs et l’équipe de Biarritz, je ne félicite nullement les dirigeants qui n’ont respecté, sur aucun point, les engagements qui avaient été pris.

"Trois catégories de sanctions possibles"

Que risque le club de Biarritz ?

Il y aura trois catégories de sanctions possibles. Des sanctions sportives, car il y avait des contrôleurs de la Ligue nationale de rugby qui étaient sur place. Et la police leur a fait part de tous les manquements. Ils repartent avec un dossier et ce sera à la Ligue d’étudier d’éventuelles sanctions sportives, comme des matchs à huis clos, voire plus importantes. Des sanctions pénales, parce qu’il y a eu sans doute une mise en danger de la vie d’autrui. Ce sera au procureur de déterminer quelle qualification pénale il va arrêter. Et puis aussi des sanctions administratives, puisque le club a bénéficié d’aides importantes de l’Etat. Il est toujours possible de le fermer. Il n’y aura peut-être pas de matchs dans les prochaines semaines, mais la fermeture de l’ERP (établissement recevant du public) inclut le fait que l’Etat ne verse plus d’aides au club.

"Une volonté de se croire au-dessus des lois"

Les organisateurs ont-ils été dépassés ?

Visiblement, les dirigeants du club n’ont pas pris la mesure de l’évènement ou n’ont pas voulu le faire. Je distingue l’envahissement du stade, parce qu’il devait y avoir normalement suffisamment de stadiers pour empêcher les gens d’aller sur la pelouse, de l’infraction sur la vente d’alcool à emporter. Là, c’est vraiment totalement à la maitrise du club. Rien ne justifie, alors qu’on avait prévu que les personnes restent assises et qu’il y ait un service de distribution de boisson dans les tribunes, que l’on ouvre les buvettes par exemple. Il y a une volonté, je crois, de se croire un peu au-dessus des lois. Et ça ne restera pas sans suite.

LP avec BFMTV