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Biarritz-Bayonne : le BO voisin et bourreau ?

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Alors que Biarritz file tout droit vers la Pro D2, le club basque pourrait aider à entraîner l’Aviron Bayonnais dans sa chute s’il remporte le 106e derby ce dimanche (15h) à Aguiléra. Une rencontre incertaine en raison de la pluie.

Et si Biarritz entraînait son voisin dans sa chute ? Le 106e derby basque entre le BO et Bayonne, prévu ce dimanche après-midi (15h)… si les conditions météorologiques le permettent après les fortes pluies des derniers jours dans la région – l’arbitre Mathieu Raynal prendra une décision définitive avant le match –, se nimbe d’un climat très particulier. Celui d’un club bon dernier depuis plusieurs mois et déjà condamné à la descente en Pro D2, Biarritz, qui pourrait un peu plus précipiter son meilleur ennemi régional, l’Aviron Bayonnais (actuel 12e avec quatre points d’avance sur Oyonnax, qui compte deux matches en retard), vers l’antichambre de l’élite en cas de succès à Aguiléra. Bref, la victoire se présente presque comme une obligation pour Bayonne.

Une situation qui pousse certains Biarrots à rêver secrètement de réaliser ce bon coup. Mais pas question de l’avouer en public, respect oblige. « Ce n’est pas ce qu’on va chercher, en tout cas pour ma part, lance le trois-quarts centre Charles Gimenez. Je ne vais pas chercher à mettre Bayonne au fond mais à gagner ce derby parce que c’est un des matches les plus importants pour nous. Si ça les entraîne, ça les entraînera. On fera tout pour gagner sans faire attention aux conséquences sur leur fin de championnat. » Même son de cloche chez le troisième ligne Benoît Guyot : « On a juste envie de relever la tête ».

« Le derby de la mort »

Côté supporters, on refuse également de faire tenir à Biarritz le rôle de possible bourreau du voisin. « On ne les emmènera pas avec nous car il leur restera encore cinq ou six matchs pour sauver leur saison, estime Fred Gravé, président d’AupaBO, l’une des associations de supporters biarrots. Nous, on jouera notre rôle d’arbitre puisqu’on recevra Oyonnax et Brive et on ira à Perpignan. » Seule certitude, la passion autour du match a perdu de son éclat habituel. « C’est le plus important depuis longtemps mais celui dont on parle le moins. C’est le derby de la mort mais aussi celui qui a le moins de charme », juge Peïo Dospital, ancien pilier de l’Aviron. « C’est étonnamment calme, je n’ai pas envoyé ni reçu de textos pour chambrer comme d’habitude », raconte Iker Escot Sep, président de l’association des ‘‘Gars de l’Aviron’’. « Ça fait un petit moment qu’on a senti que la Pro D2 nous tendait ses bras, rappelle Fred Gravé. Il y a une forme de détachement de la part des supporters. »

Reste une question, provocatrice : une double descente pourrait-elle accélérer le serpent de mer de la fusion ? « Ce n’est pas que je le souhaite mais dans une certaine mesure, oui, si on pouvait arriver à faire un club représentatif du rugby basque, affirme José Urdiqui, ancien joueur biarrot qui préside désormais le musée du BO. C’est le salut. » Mais les Bayonnais n’ont pas dit leur dernier mot et savent quelle fibre titiller pour se motiver. « Il en va de la survie du Pays Basque au plus haut niveau du rugby », lâche le troisième ligne Julien Puricelli. « Il reste six matches, il faut être absolument convaincu qu’on va s’en sortir », poursuit l’ailier Marvin O’Connor. Le mot de la fin pour Iker Escot Sep : « Si nous gagnons là-bas, les Biarrots ne nous emmèneront pas avec eux. On a encore notre destin en main. » A eux de le garder.

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Alexandre Herbinet avec Olivier Schwarz