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Biarritz : Les cinq clés d’une relégation

Imanol Harinordoquy

Imanol Harinordoquy - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

C’est un séisme attendu depuis plusieurs semaines : Biarritz, triple champion de France dans les années 2000, évoluera en Pro D2 la saison prochaine. Dépassé par les armadas concurrentes, le BO s’en relèvera-t-il ? Décryptage.

Une lente descente depuis 2010

S’il faut trouver un point de départ à la lente descente aux enfers du BO, présent dans l’élite depuis 18 ans, il faut remonter à la saison 2009-2010. Cette année-là, Biarritz dispute la deuxième finale d’H Cup de son histoire. Mais comme en 2006 face au Munster, le club basque échoue devant Toulouse et ne parvient pas, dans la foulée, à se qualifier pour les phases finales du Top 14 pour la première fois depuis dix ans. Un premier signe qui illustre les difficultés grandissantes du triple champion de France dans les années 2000 (2002, 2005, 2006) à lutter avec les meilleures écuries. En 2012 pourtant, Imanol Harinordoquy and co décrochent le Challenge européen grâce à ses vieux grognards si importants.

Yachvili, Traille, Peyrelongue... la fuite des cadres

Les Thion, Marconnet et August, principaux tauliers de ce dernier succès de prestige, n’ont depuis jamais été remplacés en qualité ni en quantité. La descente en Pro D2 va de nouveau entrainer la fuite de cadres historiques comme Julien Peyrelongue (Dax), Damien Traille (Pau) et Dimitri Yachvili, qui ne sera pas conservé dans l’effectif et qui intéresse Toulouse et Toulon. Une politique parfois difficile à accepter. « Quand plusieurs joueurs sont convoqués pour préparer la saison prochaine et qu’on n’est pas impliqué, c’est qu’on ne compte pas sur moi, explique Traille. J’ai passé dix belles saisons à Biarritz. J’aurais aimé poursuivre l’aventure mais une opportunité s’est présentée à moi, retourner dans mon club. » Selon nos informations, les frères Lund, Erik et Magnus, ainsi que Benoit Baby ont donné leur accord pour poursuivre en Pro D2. En revanche, le flou persiste toujours pour Imanol Harinordoquy.

Le centre de formation à la rescousse ?

La relégation entrainera des changements dans l’effectif basque. Mais le BO a pris l’habitude de sortir des jeunes talentueux de son centre de formation (Lauret, Guyot, Lesgourgues, Barraque, T.Thomas…). Cet axe de travail devrait être au cœur de la prochaine saison à condition d’encadrer la progression de cette jeunesse. « La difficulté pour le club c’est de garder ses bons jeunes et de construire autour de ces joueurs-là, explique Patrice Lagisquet, ancien entraîneur du club désormais en charge des arrières du XV de France. Je sais que Serge (Blanco) a la volonté de faire rebondir son club à partir d’un effectif relativement jeune et prometteur. Il faudra qu’il y ait des cadres autour parce qu’une des difficultés dans l’évolution du club, c’est qu’il n’y a pas eu de transition entre les cadres qui avaient connu les titres et tous ces jeunes qui arrivent et qui ne sont peut-être pas suffisamment matures pour enchainer. J’ai quand même confiance en ce club. C’est un club qui a beaucoup de ressources, un club familial qui peut rebondir, qui est même assez surprenant des fois dans ses capacités à rebondir. »

Un avenir économique incertain

Un effectif vieillissant, un mode de management insatisfaisant pour l'exigence du professionnalisme et une concurrence qui pratique la course à l'armement, aux salaires. La plus petite ville présente en Top 14 a été mise à genoux, faute de garanties financières suffisantes en début de saison comme le rappellent plusieurs contrats non homologués. Avec la relégation, les recettes aux guichets vont diminuer sans parler des versements de la ligue et autres contrats de partenariats forcément revus à la baisse. Serge Blanco, président du BO, et son parrain Serge Kampf, grand argentier du rugby français depuis vingt ans, semblent tout de même disposer d’une large surface financière. Joint par RMC Sport, Blanco a indiqué qu’il ne s’exprimerait pas tant qu’il n’aura pas bouclé la préparation de la saison prochaine.

Qui pour entraîner ?

Les rumeurs d’ingérence de Serge Blanco dans les choix de composition des équipes ont souvent fleuri à Biarritz et posé la question : qui dirige au BO ? A l’aube de cette saison en Pro D2, la composition du staff se posera rapidement. Quid de Laurent Rodriguez, directeur sportif et entraîneur, et de Didier Faugeron en charge des arrières ? Dans une interview accordée à Sud-Ouest samedi, Serge Blanco a démenti la rumeur selon laquelle les frères Lièvremont, Marc et Thomas, seraient les prochains entraîneurs du BO. « Je n'ai pas eu une seule discussion avec eux », assure-t-il.

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Nicolas Couet avec Laurent Depret