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Blin : « Beaucoup de choses ne sont pas jolies »

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Après Christophe Dominici, c’est au tour de l’ancien talonneur du Stade Français de critiquer durement la politique du grand ménage menée depuis plusieurs mois par le président Max Guazzini. Vous avez dit malaise ?

Mathieu Blin, trois mois après l’arrêt de votre carrière et votre départ du Stade Français, on sent la blessure encore très vivace...

La blessure est très vive parce que beaucoup de choses n’ont pas été bien faites. Le Stade Français communique depuis des années par l’intermédiaire de Max Guazzini sur l’affectif et sur l’importance des joueurs. On se rend compte que c’est l’un des seuls clubs en France où aucun ancien ne reste. Beaucoup étaient prêts à servir et à développer le club. Il est dommage qu’aucun joueur n’apparaisse de manière structurée chez les jeunes, à l’entraînement ou dans les relations partenaires… Il y a tant à faire : une boutique à Paris, un restaurant du Stade Français. Des beaux projets qui ressemblent à ce qu’est ou était Max.

Qu’avez-vous envie de dire à Max Guazzini ?

Tous ces joueurs qui ne disent que la vérité, certainement très dure à entendre, ne souhaitent qu’une chose, le bonheur du Stade-Français. Max a apporté sa fortune et son investissement. Pendant quinze ans, on y a mis notre énergie, nos nuits, nos rêves. Il m’a dit un jour que je n’avais pas le monopole du social. Mais Max n’a pas le monopole de l’amour pour le Stade Français. Il aurait pu développer une armée de soldats qui était là pour l’aider à faire grandir son bijou.

C’est un cri du cœur contre le rugby business ? 

Le modèle économique du rugby est viable mais reste très fragile. Il est représenté aujourd’hui seulement dans une petite partie de la France. Il doit faire appel aux grandes entreprises, mais il a aussi besoin d’identité. D’autres comme Toulouse ou Perpignan parviennent à allier développement et tradition.

Y-a-t-il eu concertation entre les grands anciens partis du club pour parler de cette dérive ?

Plusieurs anciens, Sylvain Marconnet, Christophe Dominici et moi-même, ont décidé d’un pacte de non-agression envers le club, par respect pour tous ceux qui y sont encore. Mais beaucoup de choses ne sont pas jolies et doivent ressortir. On sait que ceux qui sont restés au club sont d’accord avec nous. Au Stade Français, il y a ce symbole du tribunal en début de saison. Dans le dernier que j’ai mené, j’ai répété que le club appartient à ceux qui y jouent. On ne veut pas montrer d’aigreur ou de rancune. Ce qui est dit n’est pas toujours la vérité, il est important que tout le monde puisse la connaître.

S.R avec L.D