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Boudjellal : « Je m’excuse »

Mourad Boudjellal

Mourad Boudjellal - -

Prochainement convoqué par la commission de discipline de la Ligue après ses propos tenus à l’encontre du corps arbitral, dimanche, à l’issue de Clermont – Toulon, Mourad Boudjellal s’est excusé, ce mardi, au micro de RMC Sport.

Mourad, comment réagissez-vous aux propos de Christophe Berdos, l’arbitre que vous avez fustigé ?

J’apprécie ses propos. Il reconnait son erreur et j’en suis reconnaissant. C’est un véritable signe d’honnêteté de sa part. Donc il est clair que si j’ai tenu des propos qui l’ont blessé, je les retire immédiatement et je m’en excuse. Ce n’est pas la forme de mes propos qui posent problème, c’est le fond. Même s’il est maladroit, c’est l’arbitrage français qui est en cause. La Ligue a décidé l’année dernière de pratiquer la répression. On a eu des journées où je pense qu’il y avait plus d’entraineurs en tribunes que sur les bancs, car ils étaient tous suspendus. Je veux montrer que la répression ne sert à rien et qu’on n’empêchera pas les gens de parler. Je prône un arbitrage de haut niveau, à l’instar des joueurs de haut niveau.

Vous allez certainement être sanctionné pour atteinte à l’intérêt supérieur du rugby. Qu’en pensez-vous ?

Je crois que l’intérêt supérieur du rugby n’est pas là. Cet intérêt, c’est penser à ce qui est bon pour le rugby, non pas de penser à ce qui est bon pour moi dans le monde du rugby. Il y a trop de gens dans ce monde qui ne pensent qu’à eux au détriment du rugby. Ils ne voient pas que s’ils continuent comme ça, tous les investisseurs qui sont venus dans le Top 14 vont s’en aller, et le rugby redeviendra le troisième ou quatrième sport français. C’est ça le réel intérêt supérieur du rugby, faire avancer ce sport en prenant des décisions claires. Le choix du professionnalisme a été fait, il faut l’assumer. Il ne faut pas rester le cul entre deux chaises en gardant le contrôle sur les arbitres. On a l’impression de retourner trente ans en arrière !

Que reprochez-vous aux instances dirigeantes ?

Il faut arrêter de vendre de la morale et les valeurs du rugby. Dans ce sport, on accepte de gagner en trichant, parfois de façon involontaire, c’est vrai. Ensuite, on me parle de vulgarité. Dans le monde du rugby, j’ai entendu des choses véritablement choquantes pour moi qui venaient de l’extérieur. Alors qu’ils ne me parlent pas de vulgarité. Qu’ils regardent d’abord dans leurs assiettes. Moi, je suis là pour servir le rugby. Très peu de personnes fonctionnent comme ça. On a l’impression qu’ils se disent : « si les choses changent, je n’ai plus ma place. »