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Boudjellal : « Le titre, ce serait exceptionnel »

Mourad Boudjellal

Mourad Boudjellal - -

Mourad Boudjellal, le président de Toulon, était l’invité de l’Intégrale Sport sur RMC dimanche, au lendemain de la victoire contre Bordeaux-Bègles (42-12). Leader après quatre journées, le RCT rêve déjà de faire la fête au printemps.

Mourad, le RCT était habitué à plutôt mal débuter ses saisons. Cette année, tout a changé…

Paradoxalement, on avait un calendrier qui faisait plutôt peur avec trois matches à l’extérieur. Je m’attendais à ce qu’on dise que les stars et l’argent ne faisaient pas tout, parce que je pensais qu’on allait galérer en première moitié de championnat puis revenir par la suite. Bon, on va le prendre, on ne va pas porter plainte ! Mais on a un deuxième championnat compliqué qui débute pour les quatre prochains matchs avec trois à l’extérieur (Montpellier, Toulouse, Biarritz) pour un seul à la maison (Castres). Donc si à la 8e journée, on est toujours en tête, on commencera à être optimistes parce qu’on aura fait six déplacements. 

Sentez-vous une attente particulière de la part du public ?

Hier (samedi), c’était assez dingue. J’avais l’impression qu’on jouait la finale de la Coupe d’Europe. Les gens tapaient sur le bus, il fallait faire son chemin et ils tentaient de nous transmettre leur énergie. Ça faisait trois mois et demi qu’on n’avait pas joué à Mayol. Donc les supporters n’avaient pas vu leurs joueurs et il y avait beaucoup d’attentes. J’en parlais avec Frédéric (Michalak, ndlr) et Maxime (Mermoz, ndlr) juste à l’entrée des vestiaires. Michalak me disait « c’est un truc de fou, c’est hallucinant », il ne comprenait pas et n’avait jamais vécu ça.

Que pensez-vous de la comparaison entre le RCT avec le PSG ?

Ce n’est pas du tout la même fortune, c’est incomparable. Mo,i j’ai essayé de créer une économie autour du RCT. On n’est pas le club le plus riche de France. Je crois qu’aujourd’hui il y a deux, trois clubs dans le Top 50 européen qui ne sont pas dépendants d’un mécène et c’est notre cas. Ce serait bien qu’il y en ait plus à l’avenir, ce serait un gage de solidité pour le rugby français. On remplit les stades à l’extérieur et on crée des richesses.

Vous attirez beaucoup de stars…

On nous montre du doigt parce qu’on a des stars au club et on nous dit presque « tu as réussi à faire de l’argent avec du rugby tu es un méchant ». On a toujours cette image péjorative. Toulon a été appelé club de mercenaires comme si l’argent tombait du ciel et qu’on n’avait qu’à se baisser pour le ramasser. Ce n’est pas du tout le cas. Toulon, c’est un modèle économique qui a un projet de développement. On a la chance d’avoir un modèle économique qui ne dépend pas des droits TV, un public captif de qualité et un sport intelligent. On a tout ce qu’il faut aujourd’hui pour créer de grands clubs indépendants.

Vous êtes désormais premiers du Top 14. Cela vous ouvre-t-il l’appétit pour la suite ?

Si on est premiers jusqu’à la 26e journée, ça ne me dérange pas, mais je voudrais surtout être premier le 1er juin. J’ai beaucoup de respect pour Toulouse mais si on a le titre à Toulon, ça génèrerait une folie supérieure à celle qu’il y a à Toulouse, qui est milliardaire en titres. Là-bas, c’est le quotidien. Chez nous, ce serait exceptionnel.