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Boudjellal : « On essaie de tuer Toulon »

Mourad Boudjellal

Mourad Boudjellal - -

Le Comité directeur de la LNR a décidé d’imposer un plafonnement de la masse salariale et un quota de joueurs issus des filières de formation sur les feuilles de match à compter de la prochaine saison. A la grande colère du président du RCT.

Habitué des sorties médiatiques musclées, le président toulonnais Mourad Boudjellal a frappé fort ce jeudi en conférence de presse. Objet de son courroux : la décision du Comité directeur de la Ligue nationale de rugby d’imposer un quota de 55% de joueurs issus des filières de formation françaises (JIFF) en Top 14 à partir de la saison 2014-2015. Mais également la mise en place d’un « salary cap » plafonnant la masse salariale des clubs à 10 millions d’euros pour les trois saisons à venir. Deux directives inacceptables pour le président des champions d’Europe, qui l’a vertement fait savoir. Extraits.

« Ce projet des JIFF avait été retoqué par les présidents de clubs qui, à une large majorité, ont dit que ce n’était pas possible. Malgré cela, c’est passé en force au Comité directeur. Cette loi n’est pas travaillée. Comment un club de Top 14 qui a sept ou huit joueurs retenus en équipe de France va-t-il faire pour aligner autant de JIFF sur une feuille de match ? Idem pour le salary cap. Les clubs qui ont des joueurs pris en sélection doivent payer deux fois des internationaux et vont donc le dépasser. Ceux qui font ces règlements ne connaissent pas les tenants et aboutissants du rugby. Ce sont des gens qui sont plus habitués à gérer l’argent des autres qu’à en générer. Ça se voit dans leurs décisions.

Je suis convaincu que le problème des comités directeurs de la Fédération et de la Ligue n’est pas de faire des bonnes lois pour le rugby mais de se dire : comment peut-on empêcher le RC Toulon d'avancer ? Ils ont trouvé ce truc et on va faire avec. Je trouve anormal que la voix des présidents de clubs ne soit pas entendue. J’estime qu’on est dans un Etat de droit. J’ai donc demandé à un cabinet d’avocats de travailler sur les JIFF et le salary cap pour entamer une procédure contre la Ligue afin de faire valoir le droit français et le droit européen. Le salary cap est pour moi une atteinte à la liberté d’entreprendre.

« Le rugby est un sport raciste »

En ce qui concerne la Ligue nationale de rugby, le mot "nationale" lui va bien. A travers ces règlements, le rugby montre qu’il est réactionnaire, sectaire. Il passe son temps à compter les Noirs, les Blancs, les Français, les étrangers… Dans le rugby d’aujourd’hui, on n’essaie pas d’accompagner ceux qui essaient de créer des richesses. Le rugby est un sport raciste, et j’assume mes mots. Cette loi sur les JIFF, qui consiste à se demander si un joueur est français ou étranger avant de se demander s’il est bon, mauvais, si c’est un mec bien ou un salopard, est insupportable.

La Fédération doit comprendre que j’ai repris un club pour être champion de France, pas pour que la France soit championne du monde. S’ils avaient mis en avant la formation en créant un véritable modèle économique, on n’aurait pas ce problème. Mais ce problème est bien là : c’est la nullité d’années d’amateurisme de la part d’une Fédération dépassée par le rugby professionnel. Adviendra ce qui adviendra mais, aujourd’hui, la stratégie de la Ligue et de la Fédération est d’essayer de tuer Toulon. Depuis huit ans, on ne me pardonne pas, à moi comme à d’autres, de ne pas être issu du monde du rugby. Ils veulent rester entre eux pour se partager le gâteau. Mais ce gâteau a été créé par d’autres ! »

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La rédaction