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Castres : Déjà une nouvelle page à écrire

Rory Kockott

Rory Kockott - -

Au lendemain de la victoire face à Toulon (19-14), les joueurs du CO savourent comme il se doit le quatrième titre de champion de France de l’histoire du club. Mais demain, il faudra déjà penser à l’avenir et combler le départ de plusieurs éléments clés du succès tarnais.

Aujourd’hui, c’est jour de fête à Castres. Vingt ans d’attente valent bien une liesse digne de ce nom. Vainqueur de son premier titre de champion de France depuis 1993, le CO savoure et profite des effusions de joie qui ont gagné la ville du Tarn depuis le coup de sifflet de la finale du Top 14 face à Toulon (19-14). Mais le casse-tête va rapidement gagner Castres dans les prochains jours. Le dur retour à la réalité pour des Castrais qui vont devoir se résoudre à perdre plusieurs éléments clés de leur flamboyant succès.

A commencer par leur tandem de techniciens aux patronymes cocasses, Labit et Travers. Aux commandes de Castres depuis 2009, Laurent Travers et Laurent Labit ne pouvaient rêver plus belle fin d’aventure. Arrivé de Montauban (2005-2009), le duo d’entraîneurs castrais s’est offert un départ en apothéose en écrivant l’une des plus belles pages du club. A leur arrivée, Castres était aux portes de la Pro D2. Aujourd’hui, il décroche le quatrième titre de champion de France de son histoire. Le succès d’un couple rodé et efficace. Mais également d’une recette atypique mélangeant « déconne » et « souci du détail ».

« Avec le départ des « deux Lolos », l’état d’esprit actuel de l’équipe pourrait malheureusement bien disparaitre, relève Denis Charvet, consultant rugby et membre de la Dream Team RMC Sport. On sait que c’est Travers et Labit qui ont construit cette homogénéité en ramenant des Montalbanais. Ils ont construit ce groupe. Ils vont sans doute en faire de même en allant au Racing-Métro 92. C’est pour ça que ça peut être compliqué pour le CO. Dans le rugby, c’est compliqué de ne pas se tromper sur les hommes. Ce que j’ai vu hier, c’est une bande de copains. Ce que je retiens de tout ça, c’est que le collectif est plus fort que le talent de l’individu. »

Avenir incertain pour Kockott

Le CO va donc devoir adopter une nouvelle méthode, dont le chef d’orchestre sera Matthias Rolland. Le deuxième ligne tarnais va endosser la tunique de manager du club et aura la lourde tâche de remplacer les deux guides spirituels du CO. Castres va entrer dans un nouveau cycle, avec notamment la perte de certains éléments majeurs de son XV de départ. Si Marc Andreu suit ses deux coaches en prenant la direction du Racing, Iosefa Tekori s’envole chez le voisin toulousain, alors que Pierre Bernard rejoint Bordeaux-Bègles. Après 12 ans passés au club, Romain Teulet pourrait également prendre sa retraite. Mais le CO pourrait surtout perdre son maître à jouer : Rory Kockott.

Si son nom circule du côté de Toulouse, le demi de mêlée castrais, meilleur réalisateur du championnat de France cette saison (376 points), n’a pas caché que le sacre de son équipe pourrait finalement influencer sa décision finale. « On ne connait toujours pas la destination de Kockott, qui a été l’homme de cette finale, témoigne Thomas Lombard, membre de la Dream Team de RMC Sport. On parle de lui à Toulouse mais il a dit, lors d’une interview, que ce titre allait peut-être influencer sa décision… En tout cas, Castres va entrer dans un nouveau cycle. Il s’est affranchi de son statut d’éternel outsider. Il fait partie de la cour des grands. »