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Castres : Kockott, la poule aux œufs d’or

Rory Kockott

Rory Kockott - -

Ce dimanche, Castres reçoit Toulouse (16h) pour le choc au sommet de la 14e journée de Top 14. Les Tarnais, qui espèrent chiper à leur hôte la 3e place au classement, pourront compter sur leur demi de mêlée sud-africain Rory Kockott, personnage singulier qui rayonne depuis le début de la saison.

Nom : Kockott. Surnom : la poule. Numéro : 9. Hobby : son poulailler. Non, ce n’est pas une blague. Rory Kockott, à Castres, est même tout ce qu’il y a de plus sérieux. Meilleur réalisateur du Top 14 avec 196 points (devant Sir Jonny Wilkinson himself, 180 points), redoutable finisseur (5 essais, contre 6 pour les prolifiques Clerc et Matanavou), le Sud-Africain explose cette saison, contribuant largement à l’excellent parcours de son équipe. Arrivé dans le Tarn il y a un an, Kockott, après un premier exercice difficile, donne enfin, à 26 ans, la pleine mesure de son talent.

« A mon arrivée, rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé », confie-t-il, lucide sur son niveau de l’an passé. Mais ses entraîneurs savent se montrer patients. « Quand on l’a recruté, on connaissait ses qualités. On avait dit qu’il fallait lui laisser le temps. Il y avait la barrière de la langue, un style de jeu, un style d’entraînement à adopter. Il était important qu’il s’adapte et ça a été le cas », analyse Laurent Travers, co-entraîneur du CO. Le staff l’a couvé un an durant, et le voilà qui sort de sa coquille, enchaînant les prestations de haut vol. En plus d’être efficace, le très solide demi de mêlée (1,80m, 92 kg) est décisif. La 4e place des siens doit beaucoup à ses essais opportunistes et ses pénalités sur le fil.

Vers un retour au pays ?

Une juste récompense pour ce joueur au comportement exemplaire. « Il faudrait quelque chose pour le calmer. Il est insupportable, s’amuse son partenaire, Brice Dulin. Le lundi matin à 8h, il est à 200%, comme si on n’avait pas joué le week-end. Je ne sais pas comment il fait. Il nous tire vers le haut. A chaque entraînement, il est à fond et ça nous oblige à nous hisser à son niveau. Même quand il fait froid, que tu es fatigué, il faut être présent, sinon il prend un malin plaisir à te marcher dessus. »

Irréprochable sur le terrain, il est aussi apprécié pour ses qualités humaines. Drôle d’oiseau, vivant seul avec ses poules, son canard et son chien dans une maison reculé du Tarn, Kockott a trouvé sa place dans un effectif au sein duquel il a plaisir à évoluer. « Il y a un super état d'esprit. Avec les joueurs mais aussi avec les entraîneurs, et j’estime avoir de la chance de les côtoyer. Ils sont exceptionnels. Et l'équipe m'a vraiment accepté en tant que joueur, en tant que personne, avec ma propre personnalité. C'est vraiment génial ce qu'on partage », assure-t-il, empreint de sincérité, comme un coq en pâte dans sa nouvelle famille.

Subtilement surnommé "la poule", Kockott prend son sobriquet avec humour. « Il n'y a qu'en France que j'ai été appelé ainsi. Mais bon, c'est bien, ça change. Je voudrais remercier ma famille pour le nom qu'on m'a donné ! Je le représente et je dois en être fier. Et puis peu importe comment ils m'appellent… Tant que je les ferai sourire, je serai content », lance-t-il en riant. Cocasse, ce Kockott. Pourtant, Toulouse ferait bien de ne pas le prendre à la légère lors du choc au sommet de la 14e journée de Top 14, ce dimanche. Une chose est sûre, Castres doit profiter au maximum de sa poule aux œufs d’or, qui devrait s’en aller à la fin de la saison. Le Stade toulousain est déjà sur les rangs. Mais une clause interdira son départ chez le rival en cas de qualification – probable – en H Cup. Le joueur pourrait alors privilégier un retour au pays, lui qui caresse le doux rêve de porter un jour le maillot de sa sélection.

Alexis Toledano avec Wilfried Templier