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Castres ne la ramène pas face à l'USAP

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Leader du Top 14, le Castres Olympique passe ce soir (20h45) son premier vrai test de la saison sur la pelouse de Perpignan. C’est un CO complètement revigoré qui se déplace chez le champion de France en titre.

Tandis que le froid gagne peu à peu les communes de France, la ville de Castres, elle, est sur son petit nuage. Pour se réchauffer le cœur, les Castrais n’ont qu’un geste simple à effectuer. Ouvrir le quotidien sportif du coin ou surfer sur Internet pour « zieuter » le classement du Top 14 et savourer la place de leader actuellement détenue par leur équipe, le Castres Olympique. Le CO chef de file après dix journées de championnat, la situation aurait été impensable il y a encore quelques mois. 12e et premier non reléguable en fin de saison dernière, Castres avait même connu de sérieux handicaps au début de cet exercice.

La grippe A, décidément de plus en plus populaire dans le milieu du sport français, avait contaminé sept de ses joueurs fin août, entraînant deux reports de match (Montauban et Albi) et obligeant surtout les Castrais à suivre un calendrier de marathon men… Mais à l’arrivée, le groupe dirigé par Laurent Travers et Laurent Labit est dans le gratin du Top 14 et défiera vendredi soir le champion de France en titre, Perpignan. « Castres accumule les succès sans parler de lui, tout en douceur. Ils n’ont pas de pression, ont une belle équipe. Pour moi, le CO est, avant le mois de novembre, déjà qualifié pour les demi-finales du Top 14. »

Tillous-Bordes : « On ne se prend pas la tête »

Le compliment est signé Jacques Brunel, le guide de l’USAP. Castres, hier moribond, aujourd’hui à prendre très au sérieux ? Qu’est-ce qui a bien pu provoquer ce changement de statut ? Peut-être le nouveau duo d’entraîneurs castrais. Capables de tirer Montauban de son anonymat en Pro D2 et de l’emmener ensuite sous les sunlights de la Coupe d’Europe, les « Laurent » ont encore joué les magiciens. Triste la saison dernière, le vestiaire du CO est devenu joyeux, convivial… et rigoureux. « Les coaches savent faire passer leur message tout en étant respectés, avec de la bonne humeur, confirme le deuxième ligne castrais Mathias Rolland, ex-montalbanais venu dans les valises des deux entraîneurs. On sait s’amuser à l’entraînement. Mais dès qu’on travaille l’opposition à venir en championnat, on bascule dans un mode complètement différent. L’entraînement dure une heure, une heure et demie durant laquelle on est complètement sérieux. Après, on rigole… C’est assez sympa. »

Le leadership n’a pas fait tourner les têtes castraises. Le souvenir de la saison dernière est encore trop frais dans les esprits pour permettre un tel comportement. « On a des objectifs cette année, concède Sébastien Tillous-Bordes. Ce n’est pas d’être premier mais on prend les matches les uns après les autres. Comme le disent certains, on a peut-être bénéficié d’un calendrier favorable. Aujourd’hui, on est premier mais dans un ou deux matches, on peut être sixième. On ne se prend pas la tête. » Le demi de mêlée international, qui se fera opérer la semaine prochaine à Lyon de l’épaule (articulation acromio-claviculaire), aura à cœur de prouver que la belle santé de son club ne doit rien aux caprices d’un calendrier. Avant de défier Clermont et le Stade Toulousain, le CO devra donc faire le métier devant l’USAP. Un pari à la mesure de ce groupe complètement décomplexé.

A.D. (RMC Sport)