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Castres se paie Toulouse

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Dans une rencontre hachée par de nombreuses fautes, les Castrais ont devancé les champions d’Europe (22-16). Les Toulousains empochent, malgré tout, le point de bonus défensif.

Les retrouvailles s’annonçaient brûlantes. Elles ne furent finalement ni chaudes, ni froides. Pire, tièdes. Toutes les conditions étaient pourtant remplies pour faire de cette rencontre entre Castres et Toulouse un sommet du Top 14 cuvée 2010-2011. Tarnais et Stadistes s’étaient quittés au soir d’un match de barrage au goût de revanche pour le Stade Toulousain (35-12). Dominateurs, les hommes de Guy Novès avaient ainsi effacé la correction subie lors du match aller (10-30). Face à cet affront, les supporteurs castrais attendaient donc une double réaction des siens. Double puisque le CO a chuté d’entrée la semaine dernière sur la pelouse du promu rochelais (22-17) et devait prouver que ce faux-pas indigne n’était qu’un retard à l’allumage. Enfin, grande première, Castres accueillait Toulouse dans une ville mythique du ballon ovale, Béziers. Une délocalisation réussie puisque le Stade de la Méditerranée affichait presque complet avec 18 000 spectateurs sevrés de rugby de haut niveau. Si l’entame de match laissait présager une agréable rencontre, la partie s’est vite délitée face à la multiplication des fautes. A ce petit jeu là, c’est Castres qui profitait le plus des erreurs de son adversaire.

Teulet intraitable

Bien rentrés dans le match, les hommes de Laurent Labit et Laurent Travers ont appris des erreurs de réalisme de leur première journée. Sur leurs trois premières incursions dans le camp toulousain, les Castrais scoraient à chaque fois. Un drop, une pénalité et un essai en un quart d’heure. La belle phase de jeu conclue par le néo-zélandais Masoe (13ème) permettait au Castres Olympique de vite bénéficier d’une bonne marge de sécurité (13-0). Une marge qui devait beaucoup au retour de blessure de Romain Teulet, meilleur réalisateur de la saison dernière avec 263 points. Sur chaque tentative, Robocop –le surnom de l’arrière castrais- fait mouche. Face à lui, pour sa première titularisation en lieu et place de Skrela, le jeune demi de mêlée Jean-Marc Doussin, 19 ans à peine, en dévissait une sur deux. Pourtant à la mi-temps (13-3), le plus dur commençait pour Castres. Face au pléthorique effectif international du Stade Toulousain, le CO se devait de répondre au défi physique. Là même où la Rochelle et Bourgoin avaient finalement succombé contre le Stade Français et Clermont. Malgré une réaction d’orgueil toulousaine dans les premières minutes, Romain Teulet profitait de chaque faute pour garder le Stade Toulousain à distance respectable. A dix minutes de la fin, l’essai en force de Sylvain Nicolas et transformé par Bézy (22-16) arrivait même trop tard. Le mal était fait. Il y a longtemps que les Toulousains s’étaient endormis dans le faux rythme d’une rencontre polluée par les fautes. Pour le champion d’Europe, le point du bonus défensif est presque inespéré. C’est dire. 

Maxime Marchon