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Galthié à l'assaut de la montagne

Fabien Galthié va encore une fois croiser la route du Stade Toulousain de Novès

Fabien Galthié va encore une fois croiser la route du Stade Toulousain de Novès - -

Le technicien de Montpellier n’a eu de cesse de croiser la route du Stade Toulousain tout au long de sa carrière de joueur et d’entraîneur. La finale de samedi au Stade de France (20h45), contre l’armada de Guy Novès, aura une saveur toute particulière.

« Pffff…, on en a des ennemis au Stade Toulousain, on en a un peu partout… ». Vincent Clerc ne pense pas si bien dire. Samedi en finale au Stade de France, l’octuple Champion de France aura en face une équipe de Montpellier emmenée par un homme qui n’a cessé de ferrailler avec la maison Rouge et Noir tout au cours de sa carrière de joueur et d’entraîneur. Fabien Galthié, né à Cahors, a porté pendant vingt ans (1981-2001) le maillot de l’US Colomiers. L’homme était de la grande aventure du club haut-garonnais, qui a percé dans l’ombre de Toulouse à la fin des années 90, finaliste malheureux contre l’Ulster en Coupe d’Europe (1999), et face au Stade Français en Championnat (Top 16) un an plus tard. A cette époque, Toulouse, voisin écrasant, est la référence. « On ne voulait pas copier, mais on s’en inspirait », se souvient Maurice Guibert, dirigeant historique de l’USC. « C’était le maître contre l’élève, on était les petits », reprend Jean-Luc Sadourny, l’arrière international qui a joué quatorze saisons avec Galthié.
Quand le club commence sa lente dégringolade qui l’amènera en ProD2 en 2007, Galthié choisira l’exil vers le Nord de la France. Le Stade Français en 2001. Et pourquoi pas l’autre Stade, voisin, haut-garonnais ? « Jamais Fabien ne m’a parlé d’aller à Toulouse », se remémore Guibert. Avec le Paris de Max Guazzini, qui avait fait pleurer Colomiers en 2000, il privera le Stade Toulousain du Brennus en 2003. Pour Galthié, ce Bouclier a valeur de jubilé. Il tire sa révérence de joueur en club comme en sélection, non sans avoir conquis le rugby international qui fait de lui le meilleur joueur 2002, dans la foulée du Grand Chelem. Fidèle au club de la capitale, il prend les rênes de l’équipe à l'été 2004. Guy Novès le bat en 2005 en finale de Coupe d’Europe. Mais Galthié marquera néanmoins le Stade Français de son empreinte avec un Brennus décroché en 2007 en tant qu'entraîneur. « C’était la grande époque du Stade Français, c’était son derby à lui », raconte Sadourny.

Novès : « Des titres ? Je n'ai pas suivi… » 

Après une pige pour les Pumas, il débarque donc en 2010 à Montpellier, secoué par les crises et les luttes intestines. Aux termes de cette première saison avec le MHR, il retrouve le Stade Toulousain en finale. Une performance balayée d’un revers de main par Novès. « Je ne sais pas depuis combien de temps il entraîne. Un parcours intéressant ? Je ne sais pas. Des titres ? Je n'ai pas suivi… » Plus objectif, Guibert : « Fabien et Eric Béchu ont apporté une certitude dans le jeu de Montpellier. » Béchu, ancien de Colomiers, qui pour la petite histoire, a dessiné la colombe qui figure sur l'emblème du club. Maniaque de la vidéo, Galthié passe ses heures à décortiquer le jeu du Stade. Il en connait certains éléments historiques comme Vincent Clerc, ancien partenaire du XV. « C’est un battant », dit de lui l’ailier international. « Un perfectionniste », complète David Skrela. « Pointilleux », conclu Guibert. « Ce match contre Toulouse est un gros challenge pour lui, mais je suis sûr qu’il n’emmènera pas ses joueurs en victimes expiatoires. » Galthié aime renverser les montagnes. Surtout quand c’est le Stade Toulousain, dont il est le meilleur ennemi.

Louis Chenaille (avec W.T. à Toulouse)